Le gouvernement de Djibouti, à travers le ministère de l’Environnement et du Développement durable, en collaboration avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a organisé  mardi dernier  un atelier de deux jours axé sur la validation de la feuille de route pour la mise en œuvre du plan d’action de la Stratégie nationale de l’économie bleue (SNEB), à l’hôtel Sheraton de Djibouti.

L’événement a regroupé le secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable, M. Dini Abdallah Omar, les différents départements ministériels, les forces maritimes, ainsi que des partenaires techniques et financiers tels que les agences des Nations Unies, les banques de développement et les organisations régionales.

L’objectif de cet atelier est d’examiner attentivement ce document consolidé, de l’enrichir par des observations et recommandations, et de parvenir à une validation nationale autour d’une feuille de route crédible, réaliste et pleinement alignée sur les priorités de développement du pays.

Pays côtier stratégiquement situé au carrefour de grandes routes maritimes internationales, Djibouti accorde une importance particulière au développement de l’économie bleue.

Les analyses récentes ont démontré que l’économie bleue contribue de manière significative à l’économie nationale, tout en offrant un fort potentiel de développement durable. Toutefois, la nécessité d’une meilleure coordination et d’une planification stratégique a conduit à l’élaboration de la Stratégie nationale de l’économie bleue et de son plan d’action.

Fruit de consultations nationales menées avec les principales parties prenantes, la feuille de route vise à traduire les priorités stratégiques de la SNEB en un portefeuille de projets bancables. Les travaux de ces deux jours permettront d’affiner les priorités, de consolider les projets structurants et de renforcer l’engagement collectif autour de la mise en œuvre de la stratégie.

À travers cet atelier, Djibouti réaffirme sa volonté de promouvoir une économie bleue durable, inclusive et génératrice de valeur, en cohérence avec les priorités nationales ainsi qu’avec les cadres régionaux et continentaux.

Prenant la parole, la chargée des affaires économiques du bureau sous-régional de l’Afrique de l’Est de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Dr.Honita Cowaloosur a mis en avant les atouts stratégiques de Djibouti avec un littoral de 314 km et gère quatre ports clés. Situé dans le détroit de Bab el-Mandeb, il est un acteur majeur du commerce mondial. Le pays joue également un rôle important dans la sécurité maritime dans l’océan Indien occidental et abrite le Code de Djibouti.

Cependant, des secteurs prometteurs tels que la pêche, le tourisme, les énergies renouvelables et le financement climatique n’ont pas encore atteint leur plein potentiel. À titre d’illustration, la production de pêche à Djibouti reste très faible comparativement aux autres pays d’Afrique de l’Est. En 2023, Djibouti a produit environ 3 000 tonnes de poisson, soit seulement 100 tonnes de plus qu’en 2022. L’aquaculture reste également à un niveau très limité.

Par ailleurs, la pêche illégale, non réglementée et non déclarée dans les eaux de Djibouti représenterait environ 22 % de la valeur des captures débarquées.

Les secteurs liés à l’économie bleue ne sont pas seulement importants sur le plan économique. Ils permettent également la création d’emplois, le développement des moyens de subsistance, le renforcement du tissu social et culturel des communautés, ainsi que la promotion de la conservation des ressources marines. »

Le secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Dini Abdallah Omar, a souligné l’importance croissante de l’économie bleue dans les stratégies de développement durable à l’échelle mondiale. Selon lui, ce secteur représente pour Djibouti une opportunité majeure de valoriser de manière responsable ses ressources marines et côtières, tout en favorisant la diversification économique, la création d’emplois et le renforcement de la résilience environnementale. Il a indiqué que la Stratégie nationale de l’économie bleue s’inscrit dans cette dynamique et constitue un cadre de référence pour structurer les actions publiques et les initiatives des différents acteurs. Toutefois, a-t-il précisé, la réussite de cette stratégie dépend avant tout de sa mise en œuvre effective. La feuille de route présentée vise ainsi à traduire les priorités en actions concrètes, à travers un portefeuille de projets bancables capables d’attirer des financements et l’intérêt des partenaires techniques et financiers.

Le document qui fera l’objet de vos travaux au cours de ces deux journées est le résultat d’un processus participatif engagé depuis le 28 septembre 2025, impliquant plusieurs consultations sectorielles et techniques. Il reflète les contributions et les analyses des différentes institutions concernées par les enjeux de l’économie bleue a-t-il indiqué avec substance  »

Notons enfin que, lors du Sommet africain sur le climat de 2023 à Nairobi, le président de la République, Son Excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, a réaffirmé la volonté politique de Djibouti de faire de l’économie bleue un levier stratégique pour l’avenir du continent africain. Il a plaidé en faveur d’une exploitation durable des ressources marines (pêche, transport), comme réponse aux défis économiques, en s’appuyant sur la stratégie régionale de l’IGAD.

Mohamed Chakib