À une semaine de la 42ème édition de la course régionale du Grand Bara, prévue vendredi 5 décembre, une conférence de presse s’est tenue jeudi dernier au Kempinski Palace Hôtel. Organisée par la Fédération djiboutienne d’athlétisme en collaboration avec la Force française stationnée à Djibouti, cette rencontre a officialisé le lancement des préparatifs de l’une des plus anciennes et emblématiques compétitions sportives du pays.

Autour de la table, le président de la Fédération djiboutienne d’athlétisme, Said Ismael Hassan, le commandant des forces françaises stationnées à Djibouti, le général de division aérienne Sébastien Vallette, des représentants des sponsors et plusieurs anciennes gloires de l’athlétisme national, parmi lesquelles Robleh  Djama et Ayanleh Souleiman.

Créée en 1980 à l’initiative d’un officier français, la course du Grand Bara s’est imposée au fil des décennies comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de course en milieu désertique. Le paysage spectaculaire de la vaste plaine du Grand Bara, au sud du pays, en fait un cadre à la fois mythique et redoutable, où se mêlent dureté des éléments et beauté brute du désert.

Lors de la conférence de presse, le président de la Fédération d’athlétisme est revenu sur cette histoire singulière. Il a rappelé que depuis plus de quarante ans, la course trace son sillon dans un décor minéral où l’endurance et la persévérance deviennent des valeurs cardinales. Née de la passion de quelques pionniers, elle doit sa longévité à l’engagement constant de générations de militaires, de bénévoles et de sportifs.

Cette année marque un tournant majeur.

Pour la première fois, la course du Grand Bara est officiellement homologuée par World Athletics. Une reconnaissance internationale qui valide la qualité de l’organisation, la conformité du parcours et le sérieux des standards adoptés. Grâce à cette homologation, l’événement entre dans une nouvelle dimension et renforce l’attractivité sportive du pays auprès d’athlètes régionaux et internationaux.

Le général Vallette a salué cette évolution, soulignant qu’elle met en lumière le travail accompli par toutes les équipes depuis plus de quatre décennies. Il a rappelé que la course est le fruit d’une coopération exemplaire entre les forces françaises stationnées à Djibouti, les autorités nationales, les fédérations sportives et les partenaires. Une collaboration qui fait du sport un vecteur de cohésion, de fraternité et d’unité au-delà des frontières et des cultures.

Longtemps réservée aux seuls militaires français, la course du Grand Bara s’est progressivement ouverte aux forces armées djiboutiennes puis aux civils. Elle rassemble aujourd’hui entre 1000 et 2500 coureurs, consolidant sa réputation d’événement fédérateur et populaire. L’édition 2025 rendra également hommage à l’adjudant-chef Houssein Karié Elmi, dernier vétéran des tirailleurs somalis, disparu en février dernier.

Pour incarner l’esprit d’excellence de cette course, deux figures légendaires de l’athlétisme national ont été choisies comme parrains : Ahmed Salah Houssein , médaillé olympique et champion du monde de marathon, et Robleh Djama , vice-champion d’Afrique en 1982. Leur présence donne à l’événement un éclat particulier et rappelle l’héritage sportif du pays.

À côté de la course principale, le Crystal Bara, lancé en 2021 et désormais bien ancré dans le calendrier sportif, offrira également une épreuve plus courte mais très prisée des amateurs. Cette « petite sœur » du Grand Bara contribue à démocratiser la course en milieu désertique.

Les regards sont désormais tournés vers vendredi prochain, lorsque les coureurs s’élanceront sur l’immense plaine désertique pour défier le sable, le vent et la chaleur. Une 42ᵉ édition qui s’annonce déjà historique.

Sadik Ahmed