
Dans le décor enchanteur de l’hôtel Eden Bleu sur l’île de Mahé, les discussions ont pris une tournure engagée. Le lundi 4 août dernier, les jeunes délégués réunis pour les 13èmes Jeux de la CJSOI ont participé à un atelier de haut niveau sur le thème : « Problèmes climatiques et responsabilités partagées des jeunes ». À l’agenda : une prise de conscience collective, des propositions concrètes et surtout une responsabilisation de la jeunesse face à l’urgence climatique.
Parmi les délégations venues des quatre coins de l’océan Indien, Djibouti s’est illustré par la pertinence et la force des interventions de ses deux représentants, Boulalé Hassan Ahmed et Amira Ahmed Hassan, gagnants de la compétition nationale d’éloquence organisée plus tôt par le ministère de la Jeunesse et de la Culture.

L’atelier, organisé dans le cadre de l’Assemblée des Jeunes de l’Océan Indien, a permis à ces jeunes orateurs de se retrouver dans un espace d’expression, de réflexion et de collaboration. Loin de la simple compétition, les échanges ont porté sur les solutions à apporter à la crise climatique, sur la responsabilité partagée de la jeunesse et sur les initiatives écologiques portées par les pays membres.
Boulalé Hassan Ahmed, 18 ans, a ouvert la discussion avec une intervention dense et documentée. « Les changements climatiques n’ont pas de frontières. Mais notre jeunesse, elle, peut franchir toutes les barrières pour agir. Nous sommes venus ici non pas pour débattre vainement, mais pour apprendre, proposer et bâtir un avenir durable ensemble » a-t-il dit aux participants des jeux de la CJSOI de cette année. Sa compatriote, Amira Ahmed Hassan, également âgée de 18 ans, a quant à elle mis l’accent sur l’importance de la représentation. « En tant que jeunes, nous sommes les premières victimes et les derniers à être entendus. Mais aujourd’hui, grâce à cette Assemblée, nous avons une tribune. Nous sommes ici pour porter la voix des sans-voix, pour défendre l’environnement de notre région » a souligné Amira.

L’ouverture officielle de l’Assemblée a été marquée par un discours fort et mobilisateur de la présidente en exercice de la CJSOI, la ministre djiboutienne de la Jeunesse et de la Culture, Dr Hibo Moumin Assoweh. Dans son intervention, elle a insisté sur le rôle stratégique que doit jouer la jeunesse face aux défis du XXIe siècle. « C’est à vous, jeunes de l’océan Indien, qu’il revient de bâtir la résilience climatique de demain. Vous êtes une force de proposition, mais aussi une force d’action. Le climat vous concerne. Vous êtes les gardiens de cette planète que nous vous léguons » a souligné la ministre djiboutienne qui a également dans son discours salué l’implication des jeunes dans la problématique des changements climatiques. La présidente actuelle de la CJSOI, Dr. Hibo Moumin Assoweh a insisté, par la suite, sur la nécessité de créer des ponts entre les politiques publiques et les initiatives citoyennes menées par la jeunesse.
Des échanges constructifs, des recommandations ambitieuses
Les discussions lors de cet atelier se sont déroulées dans une atmosphère conviviale mais studieuse. Les débats ont couvert une large gamme de sujets : déforestation, pollution maritime, gestion durable de l’eau, agriculture résiliente, éducation environnementale… À l’issue des discussions, les jeunes ont formulé un ensemble de recommandations collectives, destinées à être soumises aux ministres de la Jeunesse des pays membres de la CJSOI.
Parmi les propositions phares figurent la création d’un réseau régional de jeunes écologistes pour faciliter le partage de projets et d’initiatives, l’intégration de modules obligatoires d’éducation au climat dans les programmes scolaires, le lancement de campagnes communautaires de reboisement et de nettoyage des littoraux, ainsi que la mise en place de bourses vertes pour encourager les innovations environnementales portées par les jeunes. La délégation djiboutienne a particulièrement été saluée pour la qualité de sa préparation et l’encadrement mis en place par son ministère de tutelle. Les jeunes participants n’ont pas manqué de souligner leur reconnaissance envers le Dr Hibo Moumin Assoweh, qui les a non seulement accompagnés dans leur préparation, mais a également facilité leur immersion dans cet événement régional. « C’est grâce à elle que nous sommes ici. Elle croit en nous, et elle nous pousse à croire en nous-mêmes. Participer à ce forum, c’est plus qu’un honneur : c’est une responsabilité », a confié Amira Ahmed Hassan avec émotion.Loin des clichés d’une jeunesse désengagée, cette rencontre a montré un tout autre visage : celui d’une génération consciente, impliquée, prête à prendre le relais pour protéger la planète.









































