Après de nombreuses années d’absence,  la chronique judiciaire revient dans notre journal. Cette semaine, nous nous sommes intéressés  à un phénomène inquiétant qui gagne du terrain dans nos foyers : les menaces de mort proférées par des enfants envers leurs propres parents. Un cas récent, survenu à Balballa, illustre à quel point ces situations peuvent devenir dramatiques et déstabiliser des familles entières.

Dimanche 22 février 2026, une mère sexagénaire a vécu l’angoisse que nul parent ne devrait jamais connaître. Selon sa déposition, son fils aurait proféré des menaces de mort à son encontre, usé d’un tournevis pour l’intimider et tenté de la contraindre à acheter un nouveau téléphone. « Mon fils sème la terreur au sein de la maison et à chaque fois que je lui refuse du khat, il se retourne contre moi afin de m’insulter et de me menacer de mort », confie-t-elle. Un quotidien de peur et de tension que cette mère a courageusement porté devant la justice.

Les policiers du commissariat des ports de Doraleh ont immédiatement pris en charge le suspect, placé en garde à vue et entendu sur les faits. Si le jeune homme a reconnu les menaces proférées envers sa mère, il a catégoriquement nié toute tentative d’incendie de la maison. Les enquêteurs ont néanmoins conclu que les faits relevaient d’une menace de mort, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires.

Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Les officiers de la police judiciaire constatent une recrudescence de ces comportements au sein de certaines familles djiboutiennes. Au-delà du choc et de l’ahurissement que de tels actes provoquent, ils soulignent une problématique sociale profonde : la montée de tensions intrafamiliales graves, alimentées par des frustrations, des comportements impulsifs et parfois l’usage de substances comme le khat.

À travers cette chronique hebdomadaire, notre journal entend suivre de près ces affaires, alerter sur les tendances inquiétantes et montrer comment la justice intervient pour protéger les victimes. Les mères et les pères confrontés à de telles violences doivent savoir qu’ils ne sont pas seuls et que la loi leur offre des recours concrets pour faire cesser les menaces et assurer leur sécurité.

La justice, en flagrant délit ou après enquête minutieuse, demeure le dernier rempart contre ces violences qui n’épargnent aucune famille. Notre chronique continuera de vous informer, semaine après semaine, sur les dossiers marquants, les décisions judiciaires et les leçons à tirer pour mieux comprendre les mutations sociales et sécuritaires de notre pays.

Sadik Ahmed