Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), et avec l’appui du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), a procédé jeudi 08 janvier 2026, à l’hôtel Sheraton, au lancement officiel du projet BIOFIN (Initiative pour le Financement de la Biodiversité) en République de Djibouti. L’objectif de cette approche est de faire de la biodiversité un pilier stratégique national, avec un plan de financement innovant, aligné sur les objectifs mondiaux de Kunming-Montréal, et de protéger les écosystèmes vitaux en impliquant les acteurs locaux dans une approche intégrée.

Ce programme vise à doter le pays de son premier Plan National de Financement de la Biodiversité (PNFB), un outil stratégique permettant de mobiliser, d’orienter et d’optimiser les ressources financières pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité.

Cet atelier, qui s’est déroulé sous la présidence de M. Dini Abdallah Omar, Secrétaire général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, et de Mme Alessandra Roccasalvo, Représentante résidente du PNUD à Djibouti, a vu la participation du représentant du Ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que la présence de cadres de haut niveau des différents ministères sectoriels, des staffs du PNUD et des acteurs de la société civile.

L’Initiative de Financement de la Biodiversité (BIOFIN) est une démarche mondiale pilotée par le PNUD depuis 2013 et actuellement financée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). Cette initiative vise à accompagner 91 pays, dont la République de Djibouti, dans la conception et la mise en œuvre de stratégies innovantes pour combler le déficit de financement lié à la conservation de la biodiversité, en appui à la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Soulignons qu’aujourd’hui, 133 pays, dont Djibouti, ont adopté la méthodologie BIOFIN à travers le monde.

Dans son discours d’ouverture, Mme la Représentante résidente du PNUD a souligné que BIOFIN est essentiel pour la résilience climatique, la sécurité alimentaire et le tourisme durable.

Cette biodiversité est soumise à des pressions croissantes liées aux changements climatiques, à l’urbanisation et à la rareté des ressources. Face à ces défis, le PNUD accompagne ses partenaires depuis plusieurs années, en associant l’action publique, la société civile et les populations rurales.

Le Secrétaire général  du ministère de l’Économie et  des Finances a souligné, à son tour, que l’initiative BIOFIN (Biodiversity Finance Initiative) du PNUD accompagne actuellement le gouvernement djiboutien pour transformer les objectifs de conservation en opportunités de croissance durable, et que l’alignement des budgets environnementaux sur les priorités économiques constitue un levier stratégique central pour Djibouti en 2026.

Quant à M. Dini Abdallah Omar, Secrétaire général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, il a souligné l’importance cruciale de la biodiversité pour l’avenir de la nation. Il a rappelé avec éloquence que les écosystèmes terrestres et marins sont les piliers de la résilience face aux défis climatiques. Ils sont également des garants essentiels de la sécurité alimentaire, des moyens de subsistance et de la stabilité socio-économique de Djibouti. La protection de l’environnement, la gestion durable des ressources naturelles et la résilience climatique constituent une vision affirmée par le Secrétaire général, placée au cœur des priorités de développement du pays à long terme, comme en témoignent la monographie sur la biodiversité, le plan d’action national sur l’environnement et la stratégie nationale en faveur de la biodiversité.

Cependant, malgré cette reconnaissance politique, le Secrétaire général n’a pas manqué de pointer un constat alarmant : le financement insuffisant de la biodiversité, tant au niveau national que mondial. Le déficit global, estimé entre 150 et 450 milliards de dollars américains par an, illustre l’ampleur des efforts à consentir pour atteindre les objectifs de conservation et de développement durable. Toutefois, le programme BIOFIN prend toute sa pertinence et sa parfaite cohérence avec la stratégie et le plan d’action national sur la biodiversité de Djibouti, actuellement en cours de mise à jour. Il contribuera à l’opérationnalisation de cette stratégie en identifiant des solutions de financement durables et innovantes pour la mise en œuvre d’actions concrètes de conservation et de restauration des écosystèmes, a-t-il expliqué.

Cette biodiversité s’exprime à travers une grande diversité d’écosystèmes répartis sur l’ensemble du territoire, des zones côtières et marines de Djibouti-ville, Tadjourah et Obock, aux zones arides et pastorales de l’intérieur dans les régions d’Ali-Sabieh, Dikhil et Arta, qui soutiennent directement les moyens de subsistance des communautés locales.

Le projet BIOFIN à Djibouti vise à combler l’important déficit financier dans le secteur de la biodiversité, crucial pour un pays riche en espèces végétales, avec 1 400 espèces de plantes, et abritant une biodiversité impressionnante, incluant plus de 130 espèces de mammifères et 150 reptiles et amphibiens. Avec le soutien du PNUD, Djibouti compte faire revivre sa diversité biologique perdue ou oubliée dans plus de 70 zones protégées afin de préserver ses écosystèmes marins et terrestres et de développer l’écotourisme.

Le pays s’est engagé, à travers le Cadre mondial pour la biodiversité (GBF) et ses politiques, à restaurer et préserver son capital naturel. Pour atteindre ces objectifs, il sera nécessaire de combler l’écart de financement entre les besoins financiers et les investissements actuels.

La biodiversité n’est pas seulement un trésor de vie et de beauté, elle constitue le fondement du bien-être, de la sécurité alimentaire, de la résilience et de l’économie face aux défis environnementaux et climatiques.

Plan de Financement de la Biodiversité (PFB)

La mise en œuvre de BIOFIN Djibouti, coordonnée par le PNUD en collaboration étroite avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et le Ministère des Finances et du Budget, qui coprésideront un comité de pilotage, s’appuiera sur les services techniques déconcentrés et les acteurs locaux afin de garantir une appropriation territoriale du processus. À cet effet, ces ministères sont appelés à fournir des points focaux pour accompagner le processus technique, à faciliter l’ancrage institutionnel du projet, à assurer la collecte et la mise en œuvre des données financières et environnementales et à participer activement à la validation et à l’adoption du Plan de Financement de la Biodiversité.

À la suite de cela, les participants ont suivi avec attention les différentes présentations sur les résultats attendus du processus BIOFIN. À la fin des présentations, un débat s’est engagé entre des participants expérimentés venus d’horizons divers, avec pour objectif d’améliorer durablement le financement de la biodiversité à Djibouti.

Ainsi, l’alignement de solutions de financement avec les grandes initiatives nationales et régionales, telles que la Grande Muraille Verte partant du Sénégal vers Djibouti, le Plan National d’Adaptation, entre autres, a été mis en avant. Des solutions de financement liées aux droits d’image de la faune sauvage, aux tarifs de l’eau et à la compensation de la biodiversité par les entreprises privées ont également été discutées. Il est primordial de songer à un engagement collectif des différents acteurs — gouvernements, secteur privé et société civile — pour financer et conserver la biodiversité, en utilisant des outils et des stratégies innovants afin de combler le déficit financier actuel, garantissant ainsi la survie des écosystèmes pour les générations futures, conformément au Cadre de Kunming-Montréal.

Le lancement de BIOFIN marque une étape décisive pour Djibouti dans la mobilisation des ressources financières en faveur de la biodiversité.

Djibouti travaille activement avec BIOFIN et le PNUD pour construire un cadre financier solide pour la préservation de sa richesse naturelle unique, à l’échelle nationale comme locale, au bénéfice des régions et des communautés du pays.

Saleh Ibrahim Rayaleh