
S’exprimant le 15 février 2026 lors du Sommet conjoint du Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan du Sud (UA C5) et de l’IGAD, le Président de la République, M. Ismail Omar Guelleh, également Président en exercice de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), a livré une déclaration empreinte de gravité et de responsabilité collective. Face aux fragilités persistantes au Soudan du Sud et aux incertitudes pesant sur la transition politique, le Chef de l’État a appelé à une mobilisation urgente, coordonnée et résolue des acteurs régionaux et continentaux. Réaffirmant le rôle central de l’IGAD en tant que garant de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit (R-ARCSS), il a plaidé pour un engagement renouvelé en faveur du dialogue inclusif, de la désescalade et du respect scrupuleux des engagements pris, afin de préserver les acquis d’une paix encore fragile et d’éviter toute rechute dans la violence. Nous vous reproduisons ci-dessous l’intégralité de l’allocution du chef de l’Etat.

Votre Excellence le Président Cyril
Ramaphosa, Président de l’UA C5 ;
Excellences les Chefs d’État et de Gouvernement ;
Honorables Ministres ;
Votre Excellence Mahamoud
Ali Youssouf, Président de la Commission
de l’Union africaine ;
Distingués Délégués ;
J’ai l’honneur de m’adresser à cette distinguée assemblée en ma qualité de Président de l’IGAD, reflétant la préoccupation partagée et l’engagement des États membres envers la stabilité de notre nation sœur, la République du Soudan du Sud, de la région dans son ensemble et de notre continent tout entier.
Permettez-moi, dès le départ, d’exprimer ma gratitude au Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan du Sud (C5), et en particulier à son Président, la République d’Afrique du Sud, pour la convocation de ce Sommet opportun et pour la coordination étroite avec l’IGAD dans sa préparation.
Je tiens également à remercier mes collègues, les Chefs d’État et de Gouvernement de l’IGAD, pour leur soutien continu et leur orientation stratégique en faveur du processus de paix au Soudan du Sud.

Excellences,
Les efforts collectifs de l’IGAD, de l’Union africaine et des partenaires internationaux ont permis d’arrêter un conflit dévastateur et ont abouti à la signature de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit en République du Soudan du Sud (R-ARCSS). Pendant près de sept ans, ce cadre a permis le cessez-le-feu le plus long depuis l’indépendance et a contribué à une stabilité relative, à la reprise et à l’activité économique.
Cependant, les développements récents soulignent la fragilité de ces acquis. Ces pressions sont aggravées par les retombées humanitaires du conflit au Soudan, qui ont imposé une contrainte supplémentaire aux capacités déjà limitées du Soudan du Sud. L’incertitude quant à la séquence convenue de la transition risque de saper la confiance dans le processus de paix à un moment où l’unité de vues est plus que jamais nécessaire.
Excellences,
L’IGAD, en tant que Garant et dépositaire de l’Accord, est prêt à continuer de jouer son rôle central, en étroite coordination avec l’Union africaine, pour soutenir une transition inclusive, collégiale et pacifique qui jettera des bases durables pour la stabilité, la gouvernance constitutionnelle et la légitimité démocratique.
Dans ce contexte, et dans un esprit de responsabilité collective, je nous exhorte A :
1. Réaffirmer le R-ARCSS comme cadre convenu pour la résolution pacifique du conflit et l’achèvement de la transition au Soudan du Sud, et appeler toutes les Parties à s’y engager à nouveau dans sa lettre et son esprit.
2. Désigner, lors de ce Sommet, un Médiateur principal — soit un ancien Chef d’État, soit un Chef d’État en exercice délégué de la région — sous les auspices de l’IGAD, pour diriger les efforts urgents de désescalade et faciliter un dialogue politique inclusif dans le cadre du R-ARCSS.
3. Mettre en place et opérationnaliser un Groupe de travail technique conjoint IGAD–UA C5, sous la direction du Médiateur principal, pour fournir un soutien politique, technique et de médiation coordonné au processus.
4. Mobiliser des ressources prévisibles et rapides, y compris du Fonds de paix de l’Union africaine, pour soutenir la désescalade, le dialogue et les mesures de renforcement de la confiance.
5. Convenir de réunions régulières de revue conjointe IGAD–UA C5 au niveau Sommet, pour évaluer les progrès, aborder les défis émergents et fournir une orientation stratégique au processus de médiation.
Excellences,
Avec un engagement renouvelé, un leadership fondé sur des principes et une action coordonnée, nous pouvons aider le Soudan du Sud à rester sur la voie de la paix et prévenir un retour au conflit.
Je vous remercie pour votre attention.








































