À quelques semaines de l’élection présidentielle du 10 avril 2026, la campagne s’intensifie sur l’ensemble du territoire national. Dans ce contexte décisif, le Directeur de campagne du candidat de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), Abdallah Abdillahi Miguil, a accordé une interview exclusive à notre rédaction. Au fil d’un entretien dense et stratégique, il décline les grandes orientations du programme porté par le Président de la République, Ismail Omar Guelleh, candidat à sa propre succession. Transformation logistique et numérique, souveraineté énergétique, prospérité partagée, mobilisation de la jeunesse, justice sociale et stabilité institutionnelle : le directeur de campagne expose une vision qu’il qualifie de « pacte de refondation » pour consolider la trajectoire d’émergence de Djibouti. Défense du bilan, projection vers l’avenir et appel à la responsabilité citoyenne, Abdillahi Abdillahi Miguil détaille également la stratégie de terrain, le rôle des nouvelles technologies dans la communication politique et la réponse de la majorité aux critiques de l’opposition. Une interview au cœur des enjeux d’un scrutin présenté comme crucial pour l’avenir du pays.

La Nation : Nous vous remercions d’abord de nous accorder cette interview exclusive . Quelles sont les principales priorités stratégiques de l’équipe de campagne pour l’élection du 10 avril 2026 ?

Abdallah Abdillahi Miguil : Notre priorité stratégique est de parachever la transformation de Djibouti en une puissance logistique et numérique incontournable sur l’échiquier mondial. Pour l’élection du 10 avril 2026, l’équipe de campagne ne se contente pas de solliciter un suffrage ; elle propose un pacte de refondation axé sur la “Souveraineté Globale”. Cela signifie garantir notre indépendance énergétique via la géothermie, renforcer notre sécurité alimentaire par des partenariats régionaux innovants, et surtout, assurer une stabilité institutionnelle sans faille dans une Corne de l’Afrique en proie à des turbulences majeures. Nous ne vendons pas des promesses, nous présentons une trajectoire vers l’émergence.

Comment votre équipe prépare-t-elle la mobilisation des électeurs à travers tout le pays, notamment dans les régions ?

La mobilisation ne se résume pas à l’arithmétique électorale; c’est un exercice de cohésion nationale. Notre stratégie de déploiement repose sur le principe qu’« aucun citoyen ne doit se sentir à la périphérie du développement». Nous avons structuré des cellules de mobilisation décentralisées qui parlent la langue du terroir et comprennent les réalités pastorales ou maritimes de chaque district. De Dikhil à Tadjourah, nous portons un message d’unité : le développement de Djibouti-ville est le moteur, mais les régions de l’intérieur en sont les cylindres indispensables. Chaque voix dans le Nord ou le Sud a le même poids que celle de la capitale dans la définition de notre destin commun.

Quels seront les thèmes centraux du programme et du message de campagne ?

Le message de cette année est une synthèse entre l’héritage et l’avenir. Le thème central est celui de la « Prospérité Partagée ». Il ne suffit plus de créer de la richesse nationale par nos ports ; il faut que cette richesse irrigue chaque foyer djiboutien. Nous mettons l’accent sur la réforme du système éducatif pour l’adapter aux métiers de demain, sur l’autonomisation des femmes comme piliers de l’économie locale, et sur la protection de notre environnement face au défi climatique. C’est une campagne de solutions concrètes face aux défis du siècle.

« Nous ne vendons pas des promesses, nous présentons une trajectoire vers l’émergence. »

Après plusieurs mandats, comment convaincre les électeurs que le Président reste le meilleur choix pour l’avenir du pays ?

La question de la longévité se balaie par le constat de l’efficacité. Pourquoi changer de capitaine quand le navire traverse des eaux tumultueuses avec une telle précision ? Le Président Ismaïl Omar Guelleh incarne cette « Sagesse Agissante ». Son leadership a permis à Djibouti de rester un havre de paix alors que nos voisins sombraient dans l’instabilité. Convaincre l’électeur, c’est lui montrer le contraste entre le chaos possible et la sécurité garantie. Le Président n’est pas seulement le meilleur choix pour aujourd’hui, il est le seul garant de la transition sereine vers la relève de demain.

Quelles initiatives spécifiques sont prévues pour attirer et mobiliser les jeunes électeurs ?

La jeunesse n’est pas une « part de l’électorat », elle est l’électorat. Notre initiative phare, « Génération Émergence », vise à transformer la démographie de Djibouti en dividende économique. Nous mettons en place des incubateurs de start-ups financés par l’État et des fonds de garantie pour que l’idée d’un jeune diplômé devienne une entreprise créatrice d’emplois. Nous ne leur demandons pas seulement leur vote, nous leur offrons les clés de l’économie. La campagne est pour eux une plateforme où ils cessent d’être des bénéficiaires passifs pour devenir les architectes de la « Vision 2035 ».

Quel rôle joueront les nouvelles technologies et les réseaux sociaux dans votre stratégie de communication ?

À l’ère de la data, notre stratégie est celle de la “Vérité Augmentée”. Nous utilisons les réseaux sociaux (TikTok, Facebook, Twitter) non pas comme des outils de propagande, mais comme des espaces de pédagogie politique. Nous déployons une armée de volontaires numériques pour déconstruire les narratifs fallacieux et les rumeurs qui polluent le débat public. La technologie nous permet de briser la distance entre le sommet de l’État et la base, en rendant l’action présidentielle transparente, documentée et surtout, interactive.

« Aucun citoyen ne doit se sentir à la périphérie du développement. »

Comment l’équipe de campagne répond-elle aux critiques de l’opposition concernant la gouvernance et le processus électoral ?

Face aux critiques, notre réponse est celle de la matérialité des faits. La gouvernance ne se décrète pas dans des discours d’opposition, elle se mesure au taux d’accès à l’électricité, à la baisse de la mortalité infantile et à l’attractivité des investissements directs étrangers. Concernant le processus électoral, nous rappelons que Djibouti dispose de l’un des cadres les plus ouverts de la région. Nous invitons l’opposition à un débat d’idées plutôt qu’à une rhétorique de contestation systématique. La porte du dialogue reste ouverte, car la démocratie est un muscle qui se fortifie dans l’échange.

Pouvez-vous nous parler des meetings et des rencontres prévus avec les citoyens dans les différentes localités ?

Nos meetings ne sont pas des cérémonies figées, mais des moments de communion républicaine. Lors de chaque déplacement, le Président et son équipe s’imposent un temps d’écoute des doléances locales. Ces rencontres sont essentielles pour ajuster les politiques publiques en temps réel. Nous irons dans chaque oued, chaque village de brousse et chaque quartier de la capitale pour dire aux citoyens : « Votre réalité est notre boussole ». C’est une campagne de terrain, de sueur et de fraternité.

Quelles sont, selon vous, les principales attentes de la population et comment le programme du Président y répond-il ?

La population exprime une attente légitime de justice sociale et de baisse du coût de la vie. Le prochain mandat sera celui de la « Révolution Sociale ». Nous comptons y répondre par une subvention massive des produits de première nécessité, une extension de la couverture santé gratuite aux plus vulnérables et une politique de logement social sans précédent. L’attente est celle de la dignité ; notre réponse est celle d’un État protecteur qui ne laisse personne sur le bord du chemin.

« Voter pour le Président Ismaïl Omar Guelleh, ce n’est pas seulement voter pour un homme, c’est voter pour la pérennité de la nation djiboutienne. »

Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux électeurs à quelques semaines du scrutin ?

À quelques semaines du 10 avril 2026, le message est celui de la Responsabilité Historique. Voter pour le Président Ismaïl Omar Guelleh, ce n’est pas seulement voter pour un homme, c’est voter pour la pérennité de la nation djiboutienne. C’est choisir la force tranquille contre l’aventure incertaine. C’est affirmer que nous sommes fiers de notre parcours et ambitieux pour notre futur. Peuple de Djibouti, levons-nous pour confirmer que notre marche vers le progrès estirréversible.

Interview réalisée par Kenedid Ibrahim Houssein