Il est des décisions politiques qui, avec le recul du temps, s’imposent comme des évidences historiques. La création de l’Université de Djibouti en l’an 2000 appartient sans conteste à cette catégorie rare : celle des choix visionnaires qui redessinent le destin d’une nation.
À l’époque, le pari était audacieux. Dans un pays où l’accès à l’enseignement supérieur dépendait largement de contingents limités de bourses à l’étranger, l’initiative portée par le Président Ismaïl Omar Guelleh relevait d’une rupture stratégique. Il ne s’agissait pas simplement de créer une institution académique, mais de poser la première pierre d’une souveraineté intellectuelle, condition sine qua non de toute ambition de développement.
Vingt-cinq ans plus tard, les faits parlent d’eux-mêmes. L’université nationale n’est plus un symbole, elle est devenue un levier. Un levier de formation, d’abord, en produisant des générations de cadres – ingénieurs, médecins, juristes, enseignants – qui servent aujourd’hui tous les secteurs du pays. Un levier de transformation, ensuite, en bâtissant progressivement un écosystème de recherche adapté aux réalités locales, notamment dans des domaines aussi cruciaux que les énergies renouvelables, le génie civil ou l’intelligence artificielle.
Mais au-delà des chiffres et des infrastructures, c’est une philosophie qui s’affirme : celle d’un État qui investit dans l’intelligence de sa jeunesse plutôt que dans sa dépendance. Là réside le véritable héritage de cette décision politique majeure, prise par le président Guelleh dès les premiers jours de son élection à la fonction suprême. En rapatriant le savoir, en démocratisant l’accès à l’enseignement supérieur et en adaptant la formation aux besoins nationaux, le pays a amorcé une mutation silencieuse mais décisive.
Certes, tout n’est pas achevé. Une université est, par essence, un chantier permanent. Lanécessité de renforcer la recherche, le défi de l’employabilité des diplômés et le rapprochement avec le secteur privé demeurent des impératifs incontournables. Mais ils ne sauraient occulter l’essentiel : le cap est juste, et il a été fixé il y a un quart de siècle avec une lucidité remarquable.
Aujourd’hui, l’ambition affichée de faire de l’Université de Djibouti un pôle d’excellence régional n’est pas une proclamation dans le vide. Elle est la prolongation logique d’un projet déjà solidement planté. À condition, bien sûr, de poursuivre avec constance les efforts d’investissement et d’innovation.
Car en définitive, une université n’est pas seulement un lieu de transmission du savoir. Elle est le miroir des ambitions d’un pays. Et à travers la trajectoire de l’Université de Djibouti, c’est toute une nation qui affirme sa volonté de compter, non pas seulement par sa position géostratégique, mais par la qualité de son capital humain. L’avenir ne s’achète pas, il se forme.








































