Réunis au siège de la Chambre de commerce, autorités publiques et acteurs économiques ont tenu une rencontre stratégique placée sous le signe de la régulation et de la responsabilité. Co-présidée par le ministre du Commerce et du Tourisme, Mohamed Warsama Dirieh, et le président de la Chambre de Commerce de Djibouti, Youssouf Moussa Dawaleh, cette réunion a été l’occasion pour l’État de réaffirmer avec fermeté ses priorités : garantir la stabilité des marchés et préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Dans une salle comble, où se côtoyaient responsables institutionnels et figures majeures du secteur privé, l’atmosphère s’est rapidement imposée comme sérieuse et déterminée. Si les échanges ont débuté sur une note protocolaire, ils ont très vite laissé place à un discours sans ambiguïté de la part du ministre du Commerce. Celui-ci a salué, en préambule, le sens des responsabilités dont ont fait preuve de nombreux opérateurs économiques, soulignant leur contribution à l’approvisionnement régulier du marché et à la stabilité des prix.

Mais au-delà de cette reconnaissance, le message central s’est voulu clair : l’opérateur économique ne saurait se limiter à une logique marchande. Il est, selon les autorités, un acteur clé de la cohésion nationale. En assurant la disponibilité des produits essentiels, il participe à un équilibre fragile entre offre, demande et confiance des citoyens. Cette responsabilité implique, en retour, un respect strict des règles fixées par l’État, notamment en matière de tarification.

Face aux incertitudes qui affectent le commerce international, les autorités ont tenu à rassurer. Les capacités d’approvisionnement du pays restent solides et les stocks disponibles permettent de couvrir largement les besoins de la population. Dans ce contexte, toute hausse injustifiée des prix ou toute tentative de spéculation est jugée inacceptable, tant sur le plan économique que moral.

Le rappel à l’ordre s’est fait plus ferme encore lorsque le ministre a évoqué les directives du chef de l’État, Ismaïl Omar Guelleh, qui place la protection du panier de la ménagère au cœur de l’action publique. Les autorités entendent ainsi prévenir toute dérive susceptible d’affecter les conditions de vie des populations, en particulier les plus vulnérables.

Dans cette optique, une série de mesures strictes a été réaffirmée. L’affichage des prix officiels demeure une obligation incontournable, tout comme l’application rigoureuse des tarifs homologués. Les produits de première nécessité font l’objet d’une vigilance accrue, afin d’éviter toute manipulation ou distorsion du marché. Pour garantir le respect de ces dispositions, des brigades de contrôle poursuivent leurs missions sur l’ensemble du territoire, avec des inspections régulières et inopinées.

Instaurer un climat de transparence et d’équité

Les sanctions prévues en cas d’infraction ont été rappelées avec fermeté : amendes conséquentes, fermeture d’établissements et retrait de licences commerciales. L’objectif est clair : dissuader toute pratique abusive et instaurer un climat de transparence et d’équité. « Il n’est pas question de tolérer que certains tirent profit des difficultés conjoncturelles au détriment de la population », a insisté le ministre, appelant à une discipline collective sans faille.

Pour autant, le discours des autorités ne s’est pas limité à une posture répressive. Un appel appuyé à la responsabilité et au patriotisme économique a été lancé à l’ensemble des opérateurs. Les responsables publics se disent convaincus que la majorité des acteurs du secteur partage cet objectif de stabilité et de justice sociale.

Prenant la parole à son tour, le président de la Chambre de Commerce de Djibouti, Youssouf Moussa Dawaleh, a dressé un état des lieux du contexte économique international, marqué par des tensions logistiques et des incertitudes persistantes. Il a reconnu les difficultés auxquelles font face les opérateurs, tout en soulignant la nécessité de maintenir un équilibre entre contraintes économiques et exigences nationales.

Dans une intervention empreinte de réalisme, il a appelé les commerçants à faire preuve de responsabilité dans la gestion de leurs activités. Pour lui, la stabilité des marchés repose sur une action concertée, où chaque acteur joue pleinement son rôle. Préserver l’équilibre économique du pays, a-t-il insisté, est une responsabilité partagée qui engage à la fois les autorités et le secteur privé.

La réunion s’est poursuivie par un échange direct entre les participants, révélant un dialogue franc sur les défis rencontrés. Les opérateurs ont exprimé leurs préoccupations, notamment face aux fluctuations du marché international et aux contraintes logistiques. En retour, les autorités ont réaffirmé leur volonté d’accompagner le secteur tout en maintenant un cadre strict.

Au terme de ces discussions, un constat s’impose : la régulation des marchés constitue aujourd’hui un enjeu central pour la stabilité nationale. Dans un contexte marqué par des pressions extérieures, l’équilibre interne dépend largement de la capacité des acteurs économiques à agir avec responsabilité.

À travers cette réunion, l’État envoie un signal fort : la stabilité des marchés n’est pas négociable. Entre fermeté assumée et appel à la conscience collective, les autorités entendent préserver un équilibre essentiel, où la protection du citoyen demeure la priorité absolue.

Djibril Abdi Ali