
À Djibouti, la question du logement s’est progressivement imposée comme un enjeu central du développement national. Longtemps marquée par l’expansion anarchique des quartiers périphériques, la précarité de l’habitat et les difficultés d’accès à la propriété, la problématique du logement a nécessité une réponse politique forte, structurée et durable. Face à ces défis, l’État , sous l’impulsion du Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, a engagé une réforme profonde de sa politique de l’habitat, plaçant l’accès à un logement décent au cœur de son action publique.
Cette orientation stratégique s’inscrit dans une vision globale du développement, où le logement n’est plus perçu comme un simple besoin matériel, mais comme un droit fondamental, un facteur de stabilité sociale et un levier de croissance économique. Dans ce cadre, la création en 2018 de l’Agence de Réhabilitation Urbaine et du Logement Social (ARULoS) a constitué un tournant décisif. En remplaçant le Fonds de l’Habitat, cette institution s’est vue confier la mission de mettre en œuvre une politique ambitieuse, articulée autour de la production de logements sociaux, de la résorption de l’habitat précaire, de la sécurisation foncière et de l’accompagnement à l’auto-construction.

En moins d’une décennie, les résultats obtenus témoignent d’une montée en puissance progressive de cette politique publique. Des milliers de logements ont été construits, des quartiers entiers réhabilités, des parcelles viabilisées et des milliers de titres fonciers délivrés. Mais au-delà des chiffres, cette politique se traduit surtout par des transformations profondes dans la vie des citoyens.
« Avant, nous vivions dans une maison en tôle, exposés à la chaleur et aux intempéries », raconte Fatouma Abdillahi, bénéficiaire d’un logement social à Balbala. « Aujourd’hui, nous avons un appartement propre, sécurisé. Mes enfants peuvent étudier dans de bonnes conditions. »
Comme elle, des milliers de Djiboutiens ont vu leur quotidien transformé. L’accès à un logement décent ne se limite pas à un confort matériel ; il représente une amélioration globale des conditions de vie, un accès à la dignité et une ouverture vers de nouvelles perspectives.

Une politique publique intégrée entre production de logements et inclusion sociale
L’analyse de la politique du logement à Djibouti met en évidence une approche intégrée, qui dépasse la simple construction de logements pour englober l’ensemble des dimensions de l’habitat. L’ARULoS intervient ainsi à plusieurs niveaux : production de logements sociaux, réhabilitation des anciens quartiers, viabilisation des terrains et sécurisation foncière.
Les premières réalisations de l’agence, dès 2020, ont posé les bases de cette dynamique. La construction de 104 appartements au PK13, la viabilisation de 232 parcelles au PK12 Nord et la réhabilitation de logements existants ont permis de répondre à des besoins urgents. Cette phase initiale a été suivie d’une accélération significative, notamment en 2021 avec l’aménagement de 2 850 parcelles au lotissement Nassib et la réhabilitation de plus de 300 logements.
Ces opérations ont contribué à améliorer le cadre de vie dans plusieurs quartiers, tout en augmentant l’offre de logements accessibles. Elles traduisent une volonté claire de l’État : agir simultanément sur l’offre et sur la qualité de l’habitat.
Pour Abdoulkarim Moussa, chauffeur de taxi et bénéficiaire d’un appartement social, cette politique a changé sa vie :
« Pendant des années, je louais une petite pièce pour ma famille. C’était difficile. Aujourd’hui, j’ai mon propre logement. Je me sens stable, respecté. »
L’un des éléments les plus innovants de cette politique réside dans le Programme d’Auto-Construction Assistée (PACA). Introduit en 2022, ce dispositif permet aux ménages de participer activement à la construction de leur logement, avec l’appui technique de l’État. Il favorise ainsi l’accessibilité financière et l’appropriation des habitations.
Aïcha Youssouf, bénéficiaire de ce programme, témoigne : « Construire ma maison moi-même a été une expérience unique. J’ai appris beaucoup de choses, et aujourd’hui, je suis fière de dire que cette maison est vraiment la mienne. »
Parallèlement, la question foncière a été traitée avec une attention particulière. À travers le mécanisme de Cession Amiable, des milliers de familles ont pu obtenir un titre foncier, mettant fin à une situation d’insécurité juridique souvent ancienne.
« Avant, je vivais avec la peur d’être expulsé », explique Mohamed Warsama. « Aujourd’hui, j’ai un titre de propriété. Je peux investir dans ma maison et penser à l’avenir de mes enfants. »
Cette sécurisation foncière constitue un levier essentiel d’inclusion sociale. Elle permet aux ménages d’accéder à la propriété, de valoriser leur patrimoine et de s’inscrire durablement dans leur environnement.
Balbala et les nouveaux pôles urbains : vers un modèle de développement durable
L’un des exemples les plus emblématiques de cette politique est la transformation de Balbala. Longtemps considérée comme une périphérie marginalisée, cette zone connaît aujourd’hui une mutation profonde, portée par des projets d’envergure.
L’inauguration récente de plus de 1 000 logements sociaux marque une étape importante dans cette dynamique. Ces projets, répartis entre Balbala Nord et Balbala Sud, illustrent une nouvelle approche de l’urbanisme, intégrant non seulement des logements, mais aussi des infrastructures modernes et des services essentiels.
Les nouveaux quartiers sont conçus comme des espaces de vie complets, dotés d’eau potable, d’électricité, de réseaux d’assainissement, d’espaces verts, d’aires de jeux et d’équipements de proximité.
Cette approche intégrée vise à créer des environnements urbains durables, capables d’accompagner la croissance de la population tout en améliorant la qualité de vie.
Pour Hassan Robleh, bénéficiaire d’un appartement dans l’un de ces nouveaux ensembles, le changement est radical : « Avant, Balbala était un endroit difficile. Aujourd’hui, c’est un quartier moderne. Mes enfants ont des espaces pour jouer, nous avons accès aux services. C’est une nouvelle vie. »
Les impacts de ces projets dépassent le cadre individuel. Ils contribuent à restructurer la ville, à réduire les inégalités spatiales et à renforcer la cohésion sociale. En offrant des logements décents à des populations auparavant marginalisées, l’État favorise l’émergence d’une classe moyenne urbaine et stabilise les dynamiques sociales.
Cependant, cette politique n’est pas exempte de défis.
La demande en logements reste forte, et la pression démographique continue de s’exercer. La question de la qualité des constructions, de l’entretien des infrastructures et de la gestion des nouveaux quartiers constitue également un enjeu majeur.
Malgré ces défis, les bases posées par la politique actuelle apparaissent solides. En combinant vision stratégique, outils institutionnels adaptés et mobilisation de partenaires internationaux, Djibouti a réussi à engager une transformation profonde de son secteur du logement.
Au terme de cette analyse, il apparaît que la politique du logement à Djibouti dépasse largement le cadre d’une simple intervention sectorielle. Elle s’inscrit dans une démarche globale de développement, visant à améliorer les conditions de vie, à renforcer la cohésion sociale et à accompagner la modernisation du pays.
Portée par la vision du Président Ismaïl Omar Guelleh et mise en œuvre par l’ARULoS, cette politique a déjà produit des résultats tangibles. Mais surtout, elle ouvre des perspectives prometteuses pour l’avenir.
« Avoir un logement, ce n’est pas seulement avoir un toit », conclut Fatouma Abdillahi. « C’est avoir une dignité, une stabilité, et un espoir pour ses enfants.»
À Djibouti, cet espoir est désormais en train de prendre forme, quartier après quartier, famille après famille.







































