La démocratie djiboutienne a une nouvelle fois parlé. Au terme du scrutin présidentiel organisé le vendredi 10 avril, le président sortant Ismaïl Omar Guelleh a été largement reconduit à la tête de l’État avec 97,81 % des suffrages exprimés, contre 2,19 % pour son adversaire, Mohamed Farah Samatar, candidat du Centre Démocrate Unifié (CDU). Un résultat sans équivoque, proclamé dans la nuit de vendredi à samedi par le ministère de l’Intérieur, et qui consacre la continuité à la tête du pays pour les cinq années à venir.

Dès les premières heures de la matinée, les électeurs djiboutiens se sont rendus massivement dans les bureaux de vote ouverts à 6 heures sur l’ensemble du territoire national. Dans une atmosphère calme et organisée, les opérations de vote se sont déroulées sans incident majeur, confirmant une nouvelle fois la capacité du pays à organiser des consultations électorales dans la quiétude et la transparence.

Face à une affluence soutenue, notamment dans la capitale et certaines régions de l’intérieur, les autorités électorales ont décidé de prolonger exceptionnellement l’ouverture des bureaux de vote d’une heure supplémentaire, jusqu’à 19 heures. Cette mesure a permis à tous les citoyens désireux d’exprimer leur choix de le faire dans de bonnes conditions.

Au total, 210 792 électeurs sur 261 857 inscrits ont participé à ce scrutin, soit un taux de participation de 80,4 %. Un chiffre significatif qui traduit l’intérêt des Djiboutiens pour cette échéance électorale et confère une légitimité renforcée au résultat final.

Le vote du chef de l’État a constitué l’un des moments marquants de la journée. C’est en milieu de matinée que le président Ismaïl Omar Guelleh, accompagné de la Première Dame, Kadra Mahamoud Haïd, s’est rendu dans un bureau de vote de la capitale pour accomplir son devoir civique. Dans une brève déclaration à la presse, il avait exprimé sa confiance quant au bon déroulement du scrutin et à la mobilisation de ses compatriotes. « Je n’ai aucun doute que les opérations de vote se dérouleront comme toujours dans l’ordre et la quiétude », avait-il affirmé, soulignant également son espoir de voir cette consultation renforcer la cohésion nationale et l’unité du peuple djiboutien.

Tout au long de la journée, les observateurs nationaux et internationaux, issus notamment de l’Union africaine, de l’IGAD, de l’Organisation de la coopération islamique et de la Ligue arabe, ont suivi de près le déroulement des opérations électorales. Leur présence a contribué à garantir la transparence du processus et à renforcer la crédibilité du scrutin.

Dans la nuit, après le dépouillement des bulletins dans les 712 bureaux de vote répartis sur le territoire, le ministère de l’Intérieur a procédé à la proclamation des résultats provisoires. Sans surprise, mais avec une ampleur remarquable, le président sortant a largement dominé le scrutin dans l’ensemble des régions du pays.

Des régions de l’intérieur à la capitale, les résultats témoignent d’une adhésion massive à la candidature du président de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP). Dans certaines localités comme Arta, Tadjourah ou Dikhil, les taux de participation ont frôlé les 97 %, confirmant la forte mobilisation observée durant la campagne électorale. Face à cette dynamique, le candidat de l’opposition Mohamed Farah Samatar n’a pas réussi à inverser la tendance. Avec 2,19 % des voix à l’échelle nationale, ses résultats demeurent marginaux, malgré quelques scores enregistrés dans certains bureaux, notamment à Ali Sabieh ou à Balbala.

Au-delà des chiffres, ce scrutin apparaît comme le prolongement direct d’une campagne électorale intense, marquée par des rassemblements populaires de grande ampleur à travers tout le pays. Pendant deux semaines, les meetings et les déplacements ont rythmé la vie nationale, mobilisant des foules importantes et traduisant une forte implication citoyenne.

Quelques heures après la proclamation des résultats, le président Ismaïl Omar Guelleh s’est adressé à la presse pour saluer le déroulement du scrutin et rendre hommage au peuple djiboutien. Dans une déclaration empreinte de solennité, il a souligné la maturité démocratique des citoyens.

« C’est notre peuple tout entier qui vient de triompher aujourd’hui pour entamer un nouvel élan dans sa quête légitime d’accéder au développement durable », a-t-il déclaré, appelant à davantage de cohésion, d’unité et de fraternité pour la nation.

Cette victoire, nette et sans contestation apparente, ouvre ainsi un nouveau chapitre pour notre pays . Elle conforte le président réélu dans sa volonté de poursuivre les politiques engagées, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et économiques majeurs. Pour de nombreux observateurs, ce scrutin traduit également une volonté claire de continuité exprimée par les électeurs. Dans un environnement géopolitique sensible, la stabilité institutionnelle apparaît comme une priorité, et le résultat de cette élection en est une illustration.

En reconduisant massivement Ismaïl Omar Guelleh à la magistrature suprême, les Djiboutiens ont ainsi fait le choix de la stabilité et de la continuité. Un choix qui, au-delà des frontières nationales, sera observé avec attention dans toute la région de la Corne de l’Afrique.