
Du 5 au 6 avril 2026, le Centre de Formation de l’Éducation Nationale (CFEN) a accueilli un atelier stratégique dédié à l’enseignement de l’Histoire de Djibouti et de l’Afrique. Organisée par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFOP) en partenariat avec l’UNESCO et l’Association canadienne pour la promotion des héritages africains (ACPHA), cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de valoriser les savoirs africains et de renforcer les capacités des acteurs éducatifs.

Cet atelier de formation des formateurs s’inscrit dans une dynamique de réforme éducative visant à renforcer la place de l’Histoire Générale de l’Afrique dans les programmes scolaires et à promouvoir des approches pédagogiques renouvelées, plus critiques, inclusives et contextualisées.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence de plusieurs personnalités, dont l’Inspecteur général Mohamed Abdo, le Secrétaire général de la Commission nationale de l’UNESCO à Djibouti Mohamed Moussa Yabeh, ainsi que le président de la Commission nationale chargée de l’intégration de l’Histoire Générale de l’Afrique à Djibouti, Bachir Mohamed Ali. L’événement a réuni un large éventail d’acteurs du système éducatif, notamment des inspecteurs, formateurs, enseignants du secondaire, conseillers pédagogiques et concepteurs du CRIPEN. L’objectif principal de cette formation était de renforcer les compétences des professionnels de l’éducation en matière d’enseignement de l’histoire africaine.
Dans ce cadre, les travaux ont été animés par l’historien et expert en décolonisation des savoirs Abdi Bileh Dirir, sollicité pour son expertise, dont l’engagement s’inscrit dans une dynamique de contribution active de la diaspora djiboutienne au développement des politiques éducatives nationales.
Ses interventions ont permis d’ouvrir une réflexion approfondie sur les héritages coloniaux qui continuent d’influencer les systèmes éducatifs et les représentations sociales. Il a notamment mis en évidence la nécessité de repenser les contenus pédagogiques afin de dépasser les récits historiques dominants hérités de la période coloniale, tout en soulignant l’importance de développer l’esprit critique chez les apprenants.
Dans son allocution, Mohamed Moussa Yabeh a rappelé le rôle fondamental de l’Histoire Générale de l’Afrique, projet lancé en 1964 par l’UNESCO, comme outil de réhabilitation de la dignité africaine après les séquelles de la colonisation. Il a toutefois déploré que cette œuvre majeure, riche de onze volumes, reste encore insuffisamment exploitée dans les systèmes éducatifs, tout en saluant l’engagement de Djibouti à promouvoir son intégration dans les curricula nationaux.
Pour sa part, Bachir Mohamed Ali a présenté cette formation comme une étape stratégique dans la réforme de l’enseignement secondaire, en réponse aux recommandations issues de consultations nationales et internationales visant à renforcer les capacités des acteurs éducatifs.
Au cours de la première journée, les travaux ont été marqués par des discussions interactives riches et constructives, permettant aux participants de confronter leurs expériences et d’identifier des pistes concrètes d’amélioration des pratiques pédagogiques.
La rencontre s’est conclue par une synthèse des principales recommandations, mettant en avant la nécessité de renforcer la formation continue des enseignants et d’accompagner la réforme en cours. Cette initiative marque ainsi une avancée significative vers un enseignement de l’histoire plus équilibré, inclusif et ancré dans les réalités africaines et djiboutiennes.









































