À l’occasion de la Journée mondiale des droits des femmes, La Nation met à l’honneur des parcours d’exception qui illustrent la vitalité, la compétence et l’engagement des femmes djiboutiennes dans toutes les sphères de la vie nationale. Dirigeantes d’institutions stratégiques, figures du sport international, pionnières de l’armée, diplomates chevronnées, responsables politiques ou encore voix majeures de la culture, ces femmes ont en commun l’excellence et le sens du service. Si leurs trajectoires diffèrent, elles convergent vers une même ambition : contribuer activement au rayonnement et au développement de la République de Djibouti.Choisies par notre rédaction, Alyda Ali Mouti, Fihima Mohamed Ismail, Deka Ahmed Robleh, Aïcha Garad Ali, Amina Mohamed Moussa, Kadra Ahmed Hassan, Ileya Ismail Guedi Hared et Aïcha Mohamed Robleh incarnent chacune, à leur manière, la détermination, l’audace et la rigueur qui façonnent le leadership féminin contemporain. Leur réussite n’est pas seulement individuelle : elle ouvre des voies, brise des plafonds et inspire toute une génération. À travers ces portraits, c’est une mosaïque de talents et d’engagements que nous célébrons. Autant d’exemples à imiter, autant de preuves que l’excellence n’a pas de genre et que les femmes jouent un rôle décisif dans la construction d’un Djibouti moderne, confiant et tourné vers l’avenir.


Alyda Ali Mouti, l’encre de l’audace au service de la Nation

À l’occasion de la Journée mondiale des droits des femmes, son parcours s’impose comme une évidence et une inspiration. À la tête de l’Imprimerie Nationale de Djibouti (IND), Alyda Ali Mouti incarne cette génération de femmes djiboutiennes qui investissent avec assurance les sphères stratégiques de l’économie nationale. Dans un secteur industriel longtemps perçu comme l’apanage des hommes, elle a su imposer sa marque : performance, haute technologie et vision souveraine.

Au cœur de la République de Djibouti, là où les textes officiels prennent force de loi et où le papier devient garant de l’autorité de l’État, elle veille sur une institution régalienne. L’IND n’est pas une entreprise ordinaire. Elle est le socle discret mais indispensable de l’administration : Journal Officiel, bulletins de vote, documents sécurisés, diplômes, titres fonciers. Autant de supports qui fondent la confiance publique et la crédibilité institutionnelle.

Le parcours d’Alyda Ali Mouti est celui d’une quête exigeante d’excellence. Formée en France, diplômée de l’Université de Pau en sciences économiques avec une spécialisation en gestion d’entreprise, elle parachève son cursus à Grenoble avec un DESS consacré au diagnostic économique des firmes face à la concurrence internationale. Cette formation rigoureuse, nourrie des réalités de la mondialisation, constitue aujourd’hui la boussole qui guide ses décisions stratégiques.

Avant de prendre les rênes de l’IND, elle fait ses premières armes à la BCIMR en 1999, où elle affine son sens de l’analyse et sa maîtrise des équilibres financiers. Mais au-delà des chiffres et des tableaux de bord, c’est son sens du dialogue qui distingue son leadership. Pour elle, diriger ne signifie pas imposer, mais fédérer. Instaurer une communication permanente avec les équipes est, selon elle, la clé de toute transformation durable.

Car sous sa gouvernance, l’Imprimerie Nationale a connu une véritable mue. Face aux mutations technologiques accélérées, elle choisit l’offensive. Modernisation des équipements, acquisition de machines de pointe, renforcement des normes de sécurité : l’institution réduit l’écart entre ses capacités techniques et les ambitions de l’État. La performance devient une signature, la haute technologie un standard.

Mais Alyda Ali Mouti le répète volontiers : la machine n’est rien sans l’humain. Dans un environnement où les délais sont serrés et la pression constante, elle place le bien-être et la montée en compétence du personnel au sommet de ses priorités. Formation continue, valorisation des savoir-faire, culture de l’excellence collective : elle sait que la compétitivité repose d’abord sur les femmes et les hommes qui font tourner les rotatives.

Sa vision dépasse d’ailleurs le strict cadre administratif. Elle porte avec conviction le projet du manuel scolaire « Made in Djibouti », symbole de souveraineté culturelle et levier de création d’emplois. Offrir à chaque élève un livre conçu, écrit et imprimé sur le sol national, c’est ancrer le savoir dans une dynamique locale et durable.

Sous l’impulsion du Président Ismaïl Omar Guelleh, elle pilote également le projet ambitieux d’impression locale du Saint Coran. Au-delà de l’optimisation logistique, il s’agit de faire de l’IND un vecteur du message d’un islam de paix, de tolérance et de partage, rayonnant bien au-delà des frontières nationales.

En positionnant l’Imprimerie Nationale comme un acteur de référence dans la sous-région, Alyda Ali Mouti ne se contente pas d’imprimer des pages. Elle imprime une vision. Celle d’un Djibouti moderne, souverain et confiant dans ses compétences. À travers son parcours, elle démontre que le leadership féminin n’est pas une exception, mais une force stratégique pour l’avenir. En ce 8 mars, son nom résonne comme celui d’une femme qui, avec détermination et finesse, écrit chaque jour une nouvelle page de l’histoire industrielle et institutionnelle du pays.

DAA.

Deka Ahmed Robleh, la rigueur sociale au service de la solidarité nationale

À la tête de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), Mme Deka Ahmed Robleh incarne une vision moderne et exigeante de la protection sociale à Djibouti. Dans un contexte où les enjeux liés à la couverture sanitaire, aux retraites et aux prestations familiales occupent une place centrale dans la vie des citoyens, elle s’impose comme une dirigeante méthodique, attentive et profondément attachée à la mission sociale de l’institution qu’elle dirige.

La CNSS n’est pas une administration ordinaire. Elle est le pilier de la solidarité nationale, le rempart qui protège les travailleurs face aux aléas de la vie : maladie, accident de travail, maternité, retraite. Être à la tête d’un tel organisme exige à la fois rigueur financière, sens de l’anticipation et fibre humaine. Mme Deka Ahmed Robleh conjugue ces trois dimensions avec une constance remarquable.

Son style de gouvernance repose sur une conviction forte : la sécurité sociale n’est pas seulement un mécanisme comptable, mais un contrat de confiance entre l’État, les employeurs et les travailleurs. Elle s’emploie ainsi à renforcer la transparence dans la gestion des fonds, à moderniser les procédures administratives et à améliorer la qualité de service offerte aux assurés. Sous son impulsion, la CNSS s’inscrit dans une dynamique de réforme visant à rapprocher davantage l’institution des citoyens.

Femme de dossiers et de terrain, Mme Deka Ahmed Robleh attache une importance particulière à l’écoute. Elle multiplie les rencontres avec les partenaires sociaux, les représentants des entreprises et les assurés pour mieux cerner leurs attentes. Cette approche participative lui permet d’adapter les dispositifs existants et d’identifier les axes d’amélioration nécessaires, notamment en matière de délais de traitement des prestations et de digitalisation des services.

Consciente des défis démographiques et économiques auxquels fait face Djibouti, elle œuvre pour la pérennité financière de la caisse. Garantir le versement régulier des pensions et des remboursements tout en élargissant l’assiette des cotisants constitue un exercice d’équilibre délicat. Sa stratégie repose sur le renforcement du recouvrement, la lutte contre l’informel et la promotion d’une culture de conformité auprès des employeurs.

Mais au-delà des chiffres, c’est la dimension humaine de sa mission qui transparaît dans chacune de ses interventions publiques. Pour elle, chaque dossier traité correspond à une histoire, à une famille, à une attente légitime. Elle rappelle souvent que derrière les statistiques se trouvent des travailleurs qui ont consacré leur vie à bâtir le pays et qui méritent, en retour, sécurité et dignité.

Son leadership s’inscrit également dans la dynamique nationale de promotion des femmes aux postes de responsabilité. En dirigeant une institution stratégique comme la CNSS, Mme Deka Ahmed Robleh offre un exemple inspirant aux jeunes générations, démontrant que compétence, détermination et intégrité constituent les véritables leviers de l’ascension professionnelle.

Dans un environnement en mutation, marqué par les exigences de modernisation et de performance, elle incarne une gestion alliant discipline budgétaire et sens aigu de la justice sociale. Son ambition est claire : faire de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale une institution encore plus efficace, accessible et résolument tournée vers l’avenir.

À travers son engagement, Mme Deka Ahmed Robleh rappelle que la sécurité sociale n’est pas une simple structure administrative. Elle est l’expression concrète de la solidarité nationale. Et sous sa direction, cette solidarité se veut plus forte, plus structurée et plus proche des citoyens.

KI

Aïcha Garad Ali : Une voix de femme au sommet du sport mondial

D’Abidjan aux instances du CIO, le parcours d’Aïcha Garad Ali est celui d’une pionnière qui a transformé le paysage sportif de Djibouti. Enseignante, capitaine nationale, puis figure incontournable de l’olympisme mondial, elle incarne aujourd’hui cette « Étoile Polaire » guidant la jeunesse et les femmes vers les plus hauts sommets de l’excellence. Une femme de conviction pour qui le sport est, avant tout, un levier d’éducation et de rayonnement international.

Ce sont des destinées qui se tracent à la force du poignet et au souffle de la persévérance. Née sous le soleil de Djibouti un 28 décembre 1966, Aïcha Garad Ali porte en elle, dès l’aube de sa vie, cette flamme olympique qui ne demande qu’à embraser l’horizon. Son parcours n’est pas une simple succession de titres, mais une véritable épopée dédiée au corps et à l’esprit. Sa quête de savoir la mène, dès 1987, sur les terres d’Abidjan. De la lagune Ebrié, elle rapporte non seulement des diplômes, mais une certitude : l’éducation est le premier stade de la victoire. De retour sur sa terre natale, elle endosse la toge de professeur d’éducation physique. Dans les amphithéâtres de l’Enseignement Supérieur comme sur les terrains poussiéreux, elle transmet la discipline. Tour à tour conseillère pédagogique et directrice d’école Sport-Études, elle devient l’architecte silencieuse qui façonne la jeunesse Djiboutienne, avant de mettre sa sagesse au service de l’État comme conseillère technique ministérielle.

Mais Aïcha n’est pas qu’une théoricienne, elle est le même mouvement. Dans l’écume des piscines ou sur le parquet des gymnases, elle s’illustre par sa polyvalence. Handballeuse d’exception, elle porte le brassard de capitaine de l’équipe nationale avec la noblesse de ceux qui savent guider leurs pairs. Du terrain au banc de touche, il n’y a qu’un pas qu’elle franchit pour devenir entraîneur, prouvant que le leadership est chez elle une seconde nature.

L’administration sportive devient ensuite son nouveau terrain de conquête. Avec une patience de dentellière, elle gravit chaque échelon : vice-présidente de fédération, cheffe d’orchestre des assises du sport, elle est celle qui pense la refondation. En 2005, elle prend les rênes du Comité National Olympique et Sportif Djiboutien (CNOSD). Son influence dépasse alors les frontières de la Corne de l’Afrique pour atteindre Lausanne. Au sein du Comité International Olympique (CIO), elle devient une voix respectée, plaidant sans relâche pour la culture, l’éducation et, surtout, pour la place des femmes dans l’arène mondiale. On se souvient de ce jour de mai 2017 où, face aux géants du continent, l’Algérie, le Cameroun ou le Nigeria,  elle s’est levée seule. Unique femme présidente à la tribune de l’ACNOA à l’Île Maurice, elle a su, par la seule force de son plaidoyer, convaincre ses pairs de choisir Djibouti. Elle n’a pas seulement vendu des infrastructures, elle a offert l’âme et l’hospitalité d’un peuple en marche.

Aïcha Garad Ali est cette « femme de fer » au regard tourné vers l’avenir. Son investissement, total et passionné, est le ciment sur lequel repose aujourd’hui le rayonnement du sport national. Elle reste, pour chaque jeune fille Djiboutienne, la preuve vivante que l’effort est un langage universel et que le sommet appartient à ceux qui osent le gravir.

DAA

Colonel Amina Mohamed Moussa Un exemple concret de l’avancée de la femme à Djibouti

Première femme djiboutienne à atteindre le grade de colonel dans l’armée de terre, Amina Mohamed Moussa incarne l’audace de nos sœurs. Elle est surtout un exemple concret à Djibouti, de l’avancée des femmes dans les sphères de pouvoir. Dans son parcours jalonné de défis, de rigueurs et de discipline militaire, Amina a répondu par l’excellence, démontrant ainsi que la compétence et le courage n’ont pas de genre. Récit d’une femme qui est devenue un symbole d’espoir pour toute une génération.   

Chaque année le monde célèbre, lors de la journée internationale des droits de la femme, les avancées réalisées dans ce domaine, tout en rappelant les défis qui persistent. À Djibouti, cette journée prend un relief particulier à travers certaines figures emblématiques. Parmi elles, le Colonel Amina Mohamed Moussa s’impose comme un symbole fort, presque évident, d’une transformation de notre société. Promue au grade de colonel le 15 juin 2025, elle s’est démarquée dans cet univers où l’autorité, la discipline et le commandement ont longtemps été réservés à la gent masculine.

Retour en 2001. À Holl-Holl, dans la région d’Ali Sabieh, Amina Mohamed, alors 21 ans à l’époque, franchit les portes de l’école militaire El Hadj Hassan GouledAptidon. Un choix audacieux dans un contexte où les femmes sont encore peu nombreuses à s’engager dans les forces armées. Mais déjà, un signe : celui d’une génération qui refuse les limites héritées.

Issue de la génération des djiboutiennes nées après l’indépendance, Amina a grandi dans un pays en pleine construction, où l’émancipation de la femme est encore à l’état embryonnaire. L’éducation progresse, les mentalités évoluent, mais rares sont celles qui osent s’aventurer dans certains métiers traditionnellement réservés aux hommes.

Très vite, elle se distingue. Discipline, rigueur, sens du devoir : autant de qualités qui lui permettent de s’imposer dans un environnement exigeant. Affectée au département arabe des Forces Armées Djiboutiennes, elle met à profit un autre atout décisif : la maîtrise de plusieurs

langues nationales — somali, afar, arabe et français — qui renforce son profil dans un contexte régional stratégique.

Admise en 2004, à l’académie militaire de Tripoli, en Libye, elle rejoint un cercle restreint d’élèves officiers venus de nombreux pays africains et arabes. Intégrer cette institution d’élite constitue déjà une performance. Y exceller en est une autre.

Pendant deux années, Amina Mohamed Moussa suit une formation exigeante, dans un cadre encore largement dominé par les hommes. Mais loin de se laisser intimider, elle s’impose par son courage, son travail et sa détermination. En septembre 2006, elle rentre à Djibouti, diplômée d’une licence en sciences militaires, obtenue avec la mention très bien — une distinction rare qui témoigne de son excellence académique et militaire.

Le 1er novembre 2006, elle est intégrée à l’État-major des Forces Armées Djiboutiennes avec le grade de sous-lieutenant. Elle devient ainsi la première djiboutienne officier dans l’armée de terre, ouvrant une voie jusque-là inexplorée par ses congénères.

Par la suite, elle gravit les échelons, avec constance et discrétion. Loin des projecteurs, elle enchaîne les responsabilités, participe aux missions, encadre les jeunes recrues et contribue aux réflexions stratégiques au sein de l’État-major. Sa rigueur et son sens du devoir lui valent le respect de ses supérieurs comme de ses pairs.

Année après année, elle gravit les échelons. Jusqu’à ce 15 juin 2025, où sa nomination au grade de colonel vient consacrer plus de vingt ans d’engagement. Une consécration saluée tant au sein des Forces Armées Djiboutiennes que dans l’ensemble de la société.

Bien au-delà d’une reconnaissance individuelle, cette élévation, dans ce paysage militaire où les femmes officiers étaient jusque-là davantage présentes dans la police ou la gendarmerie, marque un tournant dans le processus d’intégration des femmes dans les sphères décisionnelles du pays.

Elle est la preuve concrète que la compétence, le courage et le sens de l’engagement ne connaissent pas de genre.

Sa promotion au grade de colonel s’inscrit pleinement dans la vision portée par le Président de la République, Son excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, qui place l’égalité des genres et la valorisation du mérite au cœur du développement national. L’ascension du colonel Amina Mohamed Moussa illustre ainsi les progrès réalisés, par Djibouti dans le domaine de la promotion de la femme.

RB

Kadra Ahmed Hassan, l’élégance du multilatéralisme au féminin

À l’occasion de la Journée mondiale de la femme, le parcours de Kadra Ahmed Hassan s’impose comme une source d’inspiration et de fierté nationale. Diplomate chevronnée, elle incarne avec brio l’excellence, la rigueur et l’engagement au service de la République de Djibouti. Depuis plusieurs années, son nom est associé aux grandes tribunes internationales où se dessinent les équilibres du monde contemporain.

Née le 28 avril 1973 à Ali-Sabieh, elle a très tôt compris que le savoir serait la clé de son engagement. Son parcours académique, forgé entre la France et Djibouti, témoigne d’une volonté constante d’excellence. Titulaire d’un Master 2 en relations internationales de l’Université Jean Moulin Lyon III, avec une spécialisation en organisations internationales, elle complète sa formation par des études en sciences politiques et en langues étrangères à Bordeaux. Cette assise intellectuelle solide lui offre les outils nécessaires pour évoluer dans l’univers exigeant de la diplomatie multilatérale.

Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu’elle rejoint la mission permanente de Djibouti auprès des Nations Unies à New York en 2007. Pendant près d’une décennie, elle y affine son expertise, occupant notamment les fonctions de chargée d’affaires par intérim. Cette immersion au cœur du système onusien lui permet de maîtriser les mécanismes de négociation, de coopération et de plaidoyer qui structurent les relations internationales contemporaines. Avant cela, elle avait déjà contribué activement à la direction des relations multilatérales au ministère djiboutien des Affaires étrangères, posant ainsi les bases d’un engagement durable au service de son pays.

En septembre 2016, elle est nommée ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de Djibouti auprès de la Confédération suisse. Dans le même temps, elle devient représentante permanente auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, de l’Organisation mondiale du commerce et de nombreuses autres institutions internationales basées en Suisse. Cette double responsabilité stratégique la place au cœur des débats sur les droits humains, le commerce international, le développement durable et la coopération multilatérale.

Son engagement dépasse le strict cadre diplomatique. Entre 2013 et 2015, elle siège au conseil d’administration d’ONU Femmes, dont elle assure la vice-présidence en 2014. Elle contribue également aux travaux du conseil d’administration de l’UNICEF, portant haut les priorités liées aux droits des femmes et des enfants. À Genève, elle préside le Forum social du Conseil des droits de l’homme, illustrant son attachement au dialogue inclusif et à la justice sociale.

Polyglotte, parlant le français, l’anglais et l’arabe, Kadra Ahmed Hassan évolue avec aisance dans les environnements multiculturels les plus exigeants. Mais au-delà des titres et des fonctions, c’est une vision qu’elle incarne : celle d’une diplomatie moderne, ancrée dans le multilatéralisme, ouverte au dialogue et soucieuse de promouvoir les valeurs universelles.

En cette Journée mondiale de la femme, son parcours rappelle que les femmes djiboutiennes occupent désormais des positions stratégiques sur la scène internationale. Par son professionnalisme, sa détermination et son sens élevé de l’intérêt général, Kadra Ahmed Hassan symbolise cette génération de femmes leaders qui portent haut la voix de Djibouti et participent activement à la construction d’un monde plus équitable et solidaire.

MC

Ileya Ismail Guedi Hared, une voix féminine au cœur de l’engagement politique

À Djibouti, le paysage politique s’enrichit de figures féminines dont la détermination et la constance redessinent les contours du leadership national. Parmi elles, Ileya Ismail GuediHared s’impose comme une personnalité engagée, à la croisée de l’action partisane et du travail parlementaire. Présidente de l’Union pour la Démocratie et la Justice (UDJ) et membre du Parlement djiboutien, elle incarne une génération de responsables politiques attachés aux valeurs de justice, de responsabilité et de proximité avec les citoyens.

À la tête de l’UDJ, Ileya Ismail Guedi Hared assume un rôle stratégique dans l’orientation et l’animation de la vie politique nationale. Son leadership se distingue par une volonté affirmée de consolider les acquis institutionnels et de promouvoir un dialogue constructif au sein de la classe politique. Sous sa présidence, le parti met en avant des priorités centrées sur le développement économique, la cohésion sociale et la participation accrue des femmes et des jeunes à la vie publique.

Son engagement ne se limite pas aux instances partisanes. En tant que députée au Parlement, elle participe activement aux travaux législatifs, contribuant à l’élaboration et à l’examen des textes qui structurent la vie nationale. Dans l’hémicycle, elle se distingue par une approche méthodique des dossiers et une attention particulière portée aux questions sociales, éducatives et liées à l’autonomisation des femmes. Sa présence au sein de l’institution parlementaire témoigne d’une volonté de faire entendre une voix féminine forte dans les débats qui engagent l’avenir du pays.

Au fil des années, Ileya Ismail Guedi Hared a su tisser un lien de confiance avec ses concitoyens. Sa démarche s’appuie sur l’écoute, la concertation et la proximité. Elle multiplie les rencontres sur le terrain, attentive aux préoccupations quotidiennes des familles, des jeunes entrepreneurs et des acteurs associatifs. Cette proximité nourrit son action politique et confère à son engagement une dimension humaine et pragmatique.

Figure de leadership féminin, elle symbolise également les avancées réalisées en matière de représentation des femmes dans la sphère publique djiboutienne. Son parcours inspire de nombreuses jeunes femmes qui aspirent à s’investir en politique et à participer activement à la construction du pays. En occupant des responsabilités à la fois partisanes et institutionnelles, elle démontre que la compétence et la détermination transcendent les barrières traditionnelles.

À travers son action, Ileya Ismail Guedi Hared défend une vision d’une politique au service du bien commun, fondée sur la justice, l’équité et la stabilité. Son engagement constant, sa capacité à fédérer et son sens des responsabilités font d’elle une actrice incontournable de la scène politique nationale. Dans un contexte où les défis sont multiples, sa voix contribue à enrichir le débat démocratique et à consolider les fondements institutionnels de Djibouti.

Aïcha Mohamed Robleh,une plume lumineuse au service de la culture djiboutienne

À l’occasion de la Journée mondiale de la femme, il est des figures dont le parcours illustre avec éclat la créativité, la détermination et l’excellence féminine. Parmi elles, Aicha Mohamed Robleh occupe une place de choix dans le paysage littéraire national. Par son talent et son engagement culturel, elle contribue activement au rayonnement de Djibouti sur la scène littéraire francophone.

Femme de lettres accomplie, Aïcha Mohamed Robleh a su imposer une écriture à la fois élégante et profondément humaine. Sa plume se distingue par sa sensibilité, sa finesse d’analyse et sa capacité à mettre en lumière les richesses culturelles et sociales de son pays. À travers ses récits, elle valorise les traditions, les dynamiques familiales, les aspirations de la jeunesse et l’évolution harmonieuse de la société djiboutienne.

Son roman La Fille du polygame demeure une œuvre marquante de la littérature nationale. Avec délicatesse et profondeur, elle y dépeint des trajectoires de vie empreintes de dignité, de résilience et d’espérance. Son écriture, accessible et subtile, séduit par sa fluidité et sa force évocatrice. Elle offre aux lecteurs un regard nuancé et respectueux sur les réalités culturelles, tout en mettant en avant la richesse des valeurs qui fondent la société djiboutienne.

Au-delà de ses publications, Aïcha Mohamed Robleh s’investit activement dans la promotion de la lecture et de l’écriture. Elle participe à des rencontres littéraires, échange avec les jeunes auteurs et encourage l’émergence de nouvelles voix féminines. Son parcours constitue un modèle inspirant pour de nombreuses jeunes Djiboutiennes qui aspirent à s’exprimer à travers la création artistique et intellectuelle.

Sa contribution dépasse le cadre strictement littéraire. Elle incarne une image positive de la femme djiboutienne : cultivée, engagée et résolument tournée vers l’avenir. En mettant en avant la beauté des relations humaines, la richesse des héritages culturels et la force des liens sociaux, elle participe à la valorisation de l’identité nationale dans toute sa diversité.

En cette Journée mondiale de la femme, célébrer Aïcha Mohamed Robleh revient à saluer l’apport essentiel des femmes dans le développement culturel du pays. Sa plume éclaire, rassemble et inspire. Elle rappelle que la littérature est un pont entre les générations et un espace de dialogue fécond.

À travers son œuvre et son engagement, Aïcha Mohamed Robleh contribue à écrire une page lumineuse de la culture djiboutienne. Son parcours témoigne de la vitalité intellectuelle du pays et de la place grandissante qu’y occupent les femmes créatrices. Une voix forte, sereine et inspirante, qui honore Djibouti et magnifie le talent féminin.

Fihima Mohamed Ismail, l’énergie du cœur au service des autres

Il est des personnalités dont l’engagement force le respect. Des femmes dont la sincérité, la constance et la foi en l’intérêt général éclairent tout un quartier, parfois tout un pays. Fihima Mohamed Ismail, connue sous le surnom affectueux de « Raliya bintu ixtiraam », appartient à cette trempe rare. Chez elle, l’entraide n’est ni un slogan ni une posture : c’est une manière de vivre, une exigence morale chevillée au corps.

Très suivie sur les réseaux sociaux, où elle fédère des milliers de personnes, Fihima est surtout une femme de terrain. Son parcours commence à Djibouti-ville, où elle effectue sa scolarité primaire et secondaire avant d’obtenir un baccalauréat littéraire en 1999. Elle poursuit ensuite des études supérieures en France, à la faculté de droit et de science politique de Nantes. Déterminée à s’ouvrir davantage au monde, elle s’installe en 2004 à Londres pour perfectionner son anglais, consciente que la langue de Shakespeare est devenue un outil incontournable.

À Londres, elle réussit brillamment le TOEFL et devient interprète assermentée auprès des tribunaux. Parallèlement, elle découvre pleinement sa vocation sociale en s’engageant au sein de l’ONG Danish Refugee Council, présente également à Djibouti. En tant qu’« integration officer », elle accompagne durant trois ans des réfugiés francophones et somalophones, tout en décrochant un Master 2 en Refugee Studies. Elle s’intéresse aux causes profondes de l’immigration, aux fractures économiques et sociales qui poussent des milliers de personnes à quitter leur terre natale.

En 2012, un drame familial bouleverse sa trajectoire : la perte de son père. Aînée de la fratrie, elle choisit de rentrer définitivement à Djibouti pour soutenir sa mère et ses frères et sœurs. Ce retour marque un tournant décisif. Forte de son expérience à l’étranger, elle mesure les manques dans le domaine social et décide d’agir concrètement en faveur des plus vulnérables, en particulier les femmes, les orphelins et les familles en grande précarité. Pour subvenir aux besoins des siens, elle crée en 2013 une petite société de logistique, facilitant l’achat de marchandises en Inde, en Chine et ailleurs. Mais son ambition dépasse la réussite entrepreneuriale. En 2016, elle organise à Balbala un immense iftar collectif réunissant entre 9 000 et 10 000 personnes. L’initiative se pérennise et devient un rendez-vous de solidarité. Peu à peu, un réseau de donateurs se structure autour d’elle, désireux de faire la sadaqa sans toujours savoir à qui s’adresser.

Son action phare consiste à soutenir financièrement des femmes démunies afin qu’elles lancent des activités génératrices de revenus. Avec des montants compris entre 30 000 et 100 000 francs djiboutiens, des milliers d’entre elles ont pu démarrer un petit commerce, sortir de l’assistanat et retrouver leur dignité. « Si on aide une mère, on aide toute une famille », aime-t-elle rappeler. À ce jour, plus de 9 000 femmes auraient bénéficié de cet accompagnement.

Entrepreneuse sociale assumée, Fihima multiplie les initiatives. Elle est à l’origine de l’opération « Geed beer rajo beer » – « Plante un arbre, plante un espoir » – qui a permis de mettre en terre plus de 3 500 arbres à travers le pays. Dans une déclinaison originale intitulée « Geed beer guri beer », elle invite les jeunes mariés à planter un arbre symbolisant leur union, geste à la fois écologique et hautement symbolique.

À PK25, elle développe également un jardin bio, convaincue que l’autosuffisance alimentaire est possible si chacun s’investit. Pour elle, affirmer que rien ne pousse sur le sol djiboutien relève du défaitisme. Elle plaide pour la création d’une école agricole agréée afin de structurer la filière.

Son engagement s’étend enfin aux enfants vulnérables à travers la structure « Les oiseaux du paradis », dédiée aux orphelins et aux enfants en situation difficile. Patriote convaincue, elle a même renoncé à la nationalité britannique pour se consacrer pleinement au développement de son pays.

Fihima Mohamed Ismail est de ces femmes qui refusent l’indifférence. Elle agit, fédère, mobilise. Son credo tient en une phrase simple : sortir de son cocon et donner de son temps pour bâtir un Djibouti plus solidaire. Un cœur immense au service d’une ambition collective.

K.I