Les clameurs de la campagne électorale se sont éteintes hier à minuit. Les discours ont cédé la place au silence et les promesses à la réflexion. L’agitation politique a fait place à ce moment suspendu que toute démocratie digne de ce nom consacré au recueillement citoyen.

Ce temps n’est pas un vide, il est une respiration. Une pause nécessaire pour que chaque Djiboutien mesure, en conscience, le poids de son choix. Car aujourd’hui, jeudi, aucune parole partisane ne devrait troubler cette quiétude républicaine.

Et c’est précisément dans ce silence que s’exprime la maturité d’un peuple. Un peuple qui n’a plus besoin qu’on lui dicte, mais qui sait décider. Un peuple qui a conquis, au fil de son histoire, le droit fondamental de choisir librement ses représentants.

Demain vendredi, les urnes parleront. Ou plutôt, elles ne feront que restituer la voix du peuple. Aller voter n’est ni un simple geste administratif ni une formalité routinière. C’est un acte de souveraineté. C’est la traduction concrète de la liberté d’expression, celle qui ne se proclame pas seulement, mais qui s’exerce.

Dans un monde où tant de peuples sont encore privés de ce droit essentiel, les Djiboutiens doivent mesurer la valeur inestimable de cette liberté. Voter, c’est refuser l’indifférence. C’est dire que l’avenir du pays ne peut être abandonné à d’autres. C’est affirmer que chaque voix compte, que chaque bulletin pèse dans la balance du destin national.

L’abstention, elle, est un silence qui abdique. Le vote, au contraire, est une parole qui construit.

Il y a, dans cet instant électoral, une fierté profondément djiboutienne. Celle d’un peuple debout, conscient de ses droits et jaloux de ses libertés. Celle d’une Nation qui, malgré les défis, continue de faire vivre les principes démocratiques avec dignité et responsabilité.

Ce vendredi, en se rendant aux urnes, chaque citoyen ne fera pas qu’accomplir un devoir. Il participera à une œuvre collective. Cette œuvre, c’est celle qui consiste à consolider l’État, à renforcer la cohésion nationale et à tracer les contours de demain.

Le silence de la campagne n’est pas une fin. Il est le prélude à l’expression la plus forte qui soit, celle du peuple souverain. À chacun, désormais, d’écrire une ligne de cette histoire.