Il aura fallu du temps, mais le signal est enfin donné. En réunissant, pour la première fois, les Djiboutiens de l’étranger dans un forum national, le gouvernement djiboutien a posé un acte politique fort, à la fois symbolique et stratégique.
Le « Premier Forum national des Djiboutiens de l’étranger », ouvert ce weekend au Palais du Peuple, marque ainsi une étape décisive dans la redéfinition du lien entre la nation et ses fils et filles établis hors des frontières.
Longtemps perçue comme une périphérie lointaine, la diaspora djiboutienne est aujourd’hui reconnue pour ce qu’elle est réellement : un capital humain et relationnel d’une valeur inestimable. Médecins, ingénieurs, entrepreneurs, cadres d’organisations internationales… les compétences djiboutiennes disséminées à travers le monde constituent un réservoir d’expertise que le pays ne peut plus se permettre d’ignorer.
En plaçant ce forum sous le sceau de l’écoute et du dialogue, le gouvernement a envoyé un message sans équivoque : la diaspora n’est plus un simple spectateur du développement national, mais un acteur à part entière. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulkader Houssein Omar, a donné le ton en affirmant que ce forum n’est pas un événement de façade, mais un espace d’expression, de propositions et de co-construction.
Les thématiques abordées – investissement, transfert de compétences, rayonnement international – ne sont pas anodines. Elles traduisent une vision moderne de la relation État-diaspora, fondée sur la complémentarité et la confiance. Dans un monde globalisé, où l’influence d’un pays ne se mesure plus uniquement à l’intérieur de ses frontières, la diaspora devient ainsi un prolongement naturel de la souveraineté nationale.
Mais un forum, aussi prometteur soit-il, ne saurait être une fin en soi. Le véritable défi commence maintenant. Il réside dans la capacité à traduire les échanges en mécanismes concrets, les recommandations en politiques publiques, et l’enthousiasme en actions durables. Structurer la relation avec la diaspora, lui offrir des cadres clairs d’investissement, de participation et de contribution, sera le véritable test de cette ambition affichée.
En ouvrant cette nouvelle page, la République affirme une conviction essentielle : on ne construit pas l’avenir d’une nation en se privant de ses forces vives, où qu’elles se trouvent. La diaspora n’est pas d’ailleurs. Elle fait aussi partie de nous. Et à travers ce forum fondateur, c’est toute la nation qui choisit de se rassembler, au-delà des frontières, autour d’un destin commun.









































