
Djibouti accélère sa transformation numérique avec le lancement officiel du projet d’implantation de l’École 42, un programme innovant de formation aux métiers du numérique. Porté par le Ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation, en partenariat avec le secteur privé et avec l’appui de l’Union européenne à travers le projet E-Skills, cet ambitieux chantier marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale visant à faire du pays un hub numérique régional.

Jeudi matin, une délégation de haut niveau du réseau international 42, conduite par sa Directrice générale Sophie Viger et accompagnée de la Directrice internationale du développement des campus Véronique da Costa, a été accueillie au Centre de Leadership et de l’Entrepreneuriat. Le secrétaire général du ministère, Abdallah Ibrahim Omar, leur a souhaité la bienvenue tout en mettant en lumière le rôle stratégique de cette structure dans le développement de l’écosystème d’innovation. La visite s’est poursuivie par une inspection du site destiné à accueillir le futur campus de l’École 42 Djibouti. Cette étape a permis d’évaluer les aspects techniques liés à l’aménagement des infrastructures, en conformité avec les standards du réseau international, et de consolider une vision opérationnelle du projet.
Un projet structurant au cœur de la Vision Djibouti 2035
Dans l’après-midi, la délégation a été reçue à l’hôtel Kempinski par la ministre de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mariam Hamadou Ali, à l’occasion d’un déjeuner officiel réunissant plusieurs personnalités de premier plan, dont le président de la Chambre de commerce Youssouf Moussa Dawaleh et l’ambassadeur de France à Djibouti, Jérôme Bresson.
Moment fort de cette journée, la signature d’un accord de partenariat stratégique entre l’Association Djibouti Code Campus (DCC) et l’Association 42 a consacré une avancée décisive dans la concrétisation du projet. Cette étape clé ouvre la voie à l’entrée en phase opérationnelle, après validation technique des locaux destinés à accueillir le campus. Inscrite dans le cadre de la Vision Djibouti 2035, cette initiative s’affirme comme un levier majeur de développement du capital humain.
L’École 42 Djibouti proposera un modèle pédagogique novateur, basé sur l’apprentissage par projet, sans enseignants ni cours magistraux. Ce dispositif met l’accent sur l’autonomie, la collaboration et la résolution de problématiques concrètes, afin de former des talents hautement qualifiés dans des domaines stratégiques tels que le développement logiciel, la cybersécurité ou encore la data.
Au-delà de la formation, ce projet ambitionne de devenir un véritable catalyseur de l’écosystème numérique national. Il contribuera à renforcer les compétences locales, à stimuler l’innovation, à soutenir l’entrepreneuriat technologique et à accompagner la transformation digitale de secteurs clés comme les services publics, le commerce numérique et la logistique.
Soutenu à hauteur de 7 millions d’euros par l’Union européenne sur quatre ans, le projet E-Skills vise à renforcer les compétences numériques des jeunes, des femmes et des professionnels, tout en favorisant l’insertion professionnelle et la compétitivité du secteur privé. Mis en œuvre par Expertise France, il s’inscrit dans une dynamique inclusive et durable.
Lors de son allocution, la ministre Mariam Hamadou Ali a salué une avancée majeure, qualifiant l’École 42 Djibouti de « pilier stratégique pour l’avenir numérique du pays ». Elle a insisté sur la nécessité de doter la jeunesse de compétences adaptées aux exigences du marché du travail, tout en soulignant le caractère inclusif du modèle pédagogique, capable de révéler des talents indépendamment des parcours académiques.
Réaffirmant l’engagement du gouvernement, elle a appelé à une mobilisation accrue des partenaires publics et privés pour garantir le succès de ce projet structurant.
À terme, le pays entend ainsi renforcer son attractivité régionale et internationale, attirer des investissements et se positionner comme un pôle de référence en matière de compétences numériques.
Zouhour Abdillahi








































