
Djibouti Telecom s’impose comme un pilier des télécommunications en Afrique de l’Est et au-delà. À la croisée de trois continents, l’opérateur national offre une passerelle stratégique vers les grands marchés mondiaux. Avec ses services fixes, mobiles et Internet, il garantit une bande passante de qualité et une disponibilité exemplaire. Son réseau, qui relie l’Afrique orientale et australe au Moyen-Orient et à l’Europe, assure une connectivité internationale sans faille, consacrant Djibouti Telecom comme un acteur incontournable de l’économie numérique mondiale.

Tout commence en 1999 à cette époque, le monde bascule dans le nouveau millénaire et Djibouti réalise que son avenir ne passera pas seulement par ses ports maritimes, mais aussi par ses “ports numériques”. Le gouvernement fusionne les services de télécommunications de l’ancien Office des Postes et Télécommunications pour donner naissance à Djibouti Telecom.
Les premières années sont celles du désenclavement. L’enjeu est alors humain : il faut que chaque district, de Tadjourah à Obock, puisse entendre la voix de ses proches. Le réseau GSM fait ses premiers pas, remplaçant peu à peu les vieux téléphones à cadran par des combinés mobiles qui commencent à fleurir dans les rues de la capitale.

Créée le 20 septembre 1999 par la fusion du Département des télécommunications de l’Office des postes et télécommunications (OPT) et de la Société internationale de télécommunications de Djibouti (STID), elle est un opérateur autonome de droit privé, détenant le monopole des télécommunications nationales et internationales sur l’ensemble du territoire djiboutien.
Djibouti Télécom est régie par la loi sur les sociétés commerciales. Son cadre réglementaire est défini par la loi n° 13 de 1998 relative à la réorganisation du secteur postal et des télécommunications et par la loi n° 80 de 2004 relative à la réforme du secteur des TIC (Technologies de l’information et de la communication).

La société a été créée pour faire du territoire de la République de Djibouti une plateforme de télécommunications de pointe en Afrique de l’Est, afin de développer le trafic de télécommunications à destination et en provenance des continents africain, asiatique et européen. Djibouti Telecom propose des services de téléphonie fixe, mobile et d’accès à Internet.
L’entreprise s’est imposée comme une plateforme régionale offrant un large éventail de services voix et données/IP, ainsi que des capacités et des interconnexions sur son réseau, couvrant l’Afrique de l’Est et australe, le Moyen-Orient et l’Europe, et garantissant une excellente bande passante et une disponibilité réseau optimale.

Djibouti Telecom propose également une large gamme de services d’infrastructure de communication, allant de la connectivité réseau aux services de colocation avec des centres de données et des installations de téléportation, grâce à des accords de peering avec les principaux acteurs d’Internet et à la présence de points de contrôle à distance à Marseille, Palerme, Dubaï et Singapour.
Djibouti Telecom est aujourd’hui un centre stratégique de premier plan pour les services de télécommunications internationaux en Afrique de l’Est, grâce à son infrastructure réseau sous-jacente comprenant sept câbles sous-marins internationaux, avec une connexion directe dans plus de 90 pays, et deux câbles terrestres (entre Djibouti et la Somalie, et entre Djibouti et l’Éthiopie) et deux nouveaux câbles pour 2021. Afin d’améliorer la résilience du réseau, la société a construit deux stations d’atterrissage de câbles.
C’est au milieu des années 2000 que l’histoire prend un tournant audacieux. Djibouti Telecom comprend que sa position géographique est une mine d’or. Situé au point de rencontre entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe, le pays décide de devenir la “station de pompage” des données mondiales.
L’opérateur investit massivement dans les câbles sous-marins de fibre optique. Chaque nouveau câble qui s’échoue sur les côtes djiboutiennes (comme l’EIG ou le SEA-ME-WE) est une victoire. Djibouti ne se contente plus de consommer internet ; le pays devient l’autoroute par laquelle passent les communications entre Londres et Mumbai, ou entre Paris et Nairobi.
L’année 2006 à 2012, restera dans l’histoire comme celle où Djibouti Telecom a cessé de regarder ses frontières terrestres pour plonger ses ambitions au fond des océans. C’est le récit d’une métamorphose : le passage d’un petit opérateur local à un géant du transit international.
Au début de l’année 2006, l’internet à Djibouti est encore fragile, dépendant de liaisons satellites coûteuses et lentes. Mais dans les bureaux de Djibouti Telecom, une vision prend forme : profiter de la position du pays, véritable verrou à l’entrée de la Mer Rouge, pour devenir le carrefour des câbles sous-marins mondiaux.
L’opérateur entame alors une série d’investissements colossaux. En rejoignant le consortium EIG (Europe India Gateway), Djibouti Telecom ne cherche plus seulement à connecter ses citoyens, mais à relier deux continents. Sur la plage de Haramous, on commence à voir sortir de l’eau ces câbles de fibre optique gros comme un bras d’homme, capables de transporter des milliards de données par seconde. Djibouti n’est plus un cul-de-sac, c’est devenu une autoroute.
En 2017 Djibouti-télécom a renforcé sa connectivité data en se raccordant aux points d’échanges France-IX de Paris et Marseille. L’opérateur nationale a poursuivi ses investissements pour fournir aux populations une connectivité Internet de haute qualité. La société nationale des télécommunications, vient à cet effet de se connecter aux points d’échange parisiens et marseillais du fournisseur de services de peering Internet en France, France IX.
À travers cette connexion, l’opérateur télécom va accroître la performance de son réseau IP et diminuer sa latence. Selon Mohamed Assoweh Bouh, le directeur général de Djibouti Télécom, l’accord avec France IX « bénéficiera non seulement à nos clients finaux, mais aussi à un certain nombre de fournisseurs de services et d’opérateurs de réseau africains, situés en Éthiopie, en Somalie, au Yémen, à Madagascar, Maurice et aux Seychelles, qui utilisent Djibouti Télécom comme un hub ».
Simon Muyal, le directeur technique de France IX, a expliqué que Djibouti Télécom a choisi une capacité de 10G pour Paris et Marseille. La connexion de Djibouti Telecom à France IX, vient renforcer les fortes capacités Internet déjà détenues par l’opérateur historique via l’accord de transit IP signé en juin dernier avec la société Hurricane Electric, réseau principal d’IPv6 dans le monde, et la connexion aux câbles sous-marin de fibre optique Europe-India-Gateway (EIG), Seacom, Asia-Africa-Europe 1 (AAE-1) et South East Asia–Middle East–Western Europe 5 (SMW-5).
L’Expansion Régionale (2009-2010)
En 2009, l’arrivée du câble SEACOM change la donne. Soudain, la bande passante explose. L’opérateur réalise qu’il possède désormais plus de capacité qu’il n’en a besoin pour sa propre population. C’est à ce moment précis que Djibouti Telecom change de métier : elle devient fournisseur de transit régional.
Le voisin éthiopien, vaste pays enclavé, devient le premier client majeur. Des kilomètres de fibre optique terrestre sont tirés à travers le désert pour relier Djibouti à Addis-Abeba. Djibouti Telecom devient le poumon numérique de l’Éthiopie, et bientôt, par extension, d’autres pays de la Corne de l’Afrique via le câble EASSy en 2010. Le slogan est clair : Djibouti est le point de passage obligé.
Pendant que l’infrastructure internationale se consolide, l’opérateur comprend qu’il ne suffit pas de faire passer les données, il faut aussi les stocker et les gérer. C’est en 2012 que naisse un projet iconique : le Djibouti Data Center (DDC). Construit selon les normes internationales les plus strictes, ce centre devient le premier data center neutre d’Afrique de l’Est. Des géants du web commencent à s’intéresser à ce petit pays où l’internet ne coupe jamais, protégé par une architecture “mesh” (maillée) de plusieurs câbles sous-marins. Si un câble est sectionné par une ancre de navire, un autre prend le relais instantanément.
Djibouti Telecom sait que pour attirer les géants comme Google ou Facebook, une seule autoroute ne suffit pas. L’opérateur se lance dans une course aux consortiums mondiaux.
En rejoignant les projets SMW5 et AAE-1, Djibouti Telecom participe à la construction de véritables “monstres” technologiques. Ce sont des câbles de 25 000 km qui relient l’Asie à l’Europe. Désormais, si un navire sectionne accidentellement un câble au large, la connexion des Djiboutiens ne vacille plus. Le trafic bascule dans l’ombre d’un câble à l’autre en quelques millisecondes. Djibouti devient une île de stabilité numérique dans une région parfois tourmentée.
Déploiement des Câbles Sous-Marins (2016-2017)
Pendant que l’international est sécurisé, un cri se fait entendre dans les rues de Djibouti-ville : “Nous voulons plus de vitesse !”. Le vieux cuivre de l’ADSL, hérité du siècle dernier, sature sous le poids des nouvelles vidéos YouTube et des appels Skype. Djibouti Telecom lance alors le grand chantier de la Fibre Optique à domicile (FTTH). C’est un travail de fourmi : il faut creuser, tirer des câbles fins comme des cheveux mais transportant la lumière, et installer des boîtiers blancs sur les façades des maisons. Pour l’abonné, c’est un choc culturel. On ne parle plus en kilo-octets, mais en méga-octets. Le téléchargement d’un film, qui prenait autrefois une nuit entière, ne demande plus que quelques minutes. La “société du streaming” est née à Djibouti.
L’avènement du 4G+ et le Smartphone (2018-2019)
Le point d’orgue de ce récit se situe en 2018. L’opérateur réalise que l’avenir ne se passera pas uniquement derrière un bureau, mais dans le creux de la main. Le lancement de la 4G+ est un raz-de-marée.
Soudain, le réseau mobile devient aussi rapide, voire plus rapide, que la connexion fixe du bureau. Les jeunes Djiboutiens s’emparent de TikTok, d’Instagram et de WhatsApp. Le smartphone devient l’outil de travail des commerçants, le manuel scolaire des étudiants et la télévision des familles. Pour soutenir cette explosion de la “Data”, l’opérateur modernise ses antennes partout sur le territoire, de la place Ménélik jusqu’aux régions les plus reculées d’Ali Sabieh.
Le Prélude à la Transformation
À l’aube de 2020, Djibouti Telecom n’est plus la même entreprise qu’en 2013. Elle est passée de “vendeur de minutes” à “fournisseur de vie numérique”. Elle a préparé le terrain pour l’inclusion financière (D-Money).
L’opérateur a réussi son pari : faire de Djibouti le point le plus connecté d’Afrique de l’Est, avec une capacité internationale par habitant qui fait pâlir d’envie ses voisins. Le pays est prêt pour la prochaine grande étape : l’ouverture au monde et la libéralisation.
La transformation institutionnelle
Mais Djibouti Télécom ne s’est pas contenté d’innover sur le plan technique. L’entreprise a aussi évolué sur le plan institutionnel, passant d’un service public traditionnel à une société autonome, plus agile et tournée vers la compétitivité. Cette mutation lui a permis de diversifier ses services : data centers, solutions cloud, interconnexions régionales… autant de leviers pour attirer les partenaires internationaux et renforcer son rôle de catalyseur numérique.
Aujourd’hui, Djibouti Télécom est bien plus qu’un opérateur national. C’est un acteur stratégique régional, qui ambitionne de faire de Djibouti un hub numérique africain. Les défis restent nombreux : améliorer la qualité de service, étendre la couverture nationale, préparer l’ouverture à la concurrence. Mais chaque étape franchie témoigne d’une volonté claire : inscrire Djibouti dans la carte mondiale du numérique.
L’Ère de l’Innovation et de l’Ouverture (2020) – Vers le Futur
Aujourd’hui, le récit de Djibouti Telecom entre dans une phase de maturité et d’ouverture. L’opérateur n’est plus seulement un fournisseur de tuyaux, il devient un fournisseur de solutions. Avec le lancement de D-Money, il a fait entrer la banque dans la poche de chaque citoyen, transformant le téléphone en porte-monnaie électronique.
Après avoir consolidé son rôle de hub régional grâce aux câbles sous-marins et à la 4G+, Djibouti Télécom entre en 2025 avec une ambition renouvelée : transformer Djibouti en catalyseur numérique continental. L’entreprise ne se contente plus d’assurer la connectivité nationale, elle veut désormais inscrire le pays dans les grandes routes digitales de l’Afrique et du monde.
Le grand projet DARE1 :
relier l’Afrique de l’Est
à l’Afrique australe
Le projet phare de cette période est l’extension du câble sous-marin DARE1.
– Parti de Djibouti et déjà connecté au Kenya, ce câble va désormais s’étendre vers le sud, jusqu’à l’Afrique du Sud.
– Sur son chemin, il touchera la Tanzanie, le Mozambique et Madagascar, créant une véritable colonne vertébrale numérique pour l’Afrique orientale et australe.
– Ce prolongement, prévu pour démarrer en 2026, promet de réduire la latence, d’augmenter la capacité et d’offrir de nouveaux itinéraires pour le trafic international.
Chaque station d’atterrissage sera comme une porte ouverte vers le futur, reliant les économies locales aux grandes plateformes mondiales.
La fibre et les services numériques
En parallèle, Djibouti Télécom poursuit le déploiement de la fibre optique nationale. L’objectif est clair : amener le haut débit jusque dans les foyers et les entreprises, pour que chaque citoyen puisse bénéficier de la révolution numérique. L’opérateur développe aussi des data centers et des solutions cloud, afin d’héberger les données régionales et d’attirer les géants du numérique. Djibouti ne veut pas seulement transporter l’information, mais aussi la stocker, la sécuriser et la valoriser.
Une mutation institutionnelle et stratégique
Ces projets s’inscrivent dans une transformation plus large : Djibouti Télécom se prépare à la libéralisation du marché. L’entreprise doit s’adapter à la concurrence, diversifier ses services et renforcer sa qualité de prestation.
Le Directeur Général, Mohamed Assoweh Bouh, décrit cette période comme une “nouvelle ère numérique”, où Djibouti Télécom devient non plus seulement un opérateur national, mais un acteur continental.
Vers un avenir numérique africain
Ainsi marque une étape décisive pour l’opérateur nationale en 2025-2026, Djibouti Telecom avec l’élargissement de ces câbles sous-marins avec ;
– Extension du DARE1 vers l’Afrique australe.
– Déploiement de la fibre pour les foyers et entreprises.
– Développement de data centers et services cloud.
– Préparation à la concurrence et diversification des offres.
Chaque initiative est une pièce d’un puzzle plus grand : faire de Djibouti un hub numérique incontournable, au service de sa population et de l’Afrique entière. L’histoire s’accélère encore avec le déploiement d’autres réseaux offrant des vitesses fulgurantes pour l’intelligence artificielle et les objets connectés.
À l’aube de 2025, Djibouti Télécom se trouve face à une nouvelle frontière. Après avoir bâti sa réputation comme hub régional grâce aux câbles sous-marins et à la 4G+, l’opérateur national s’engage dans une phase de transformation qui dépasse les frontières du pays.
Le projet phare est l’extension du câble sous-marin DARE1. Déjà relié au Kenya, ce câble va désormais descendre vers l’Afrique australe, jusqu’en Afrique du Sud, en passant par la Tanzanie, le Mozambique et Madagascar. Ce prolongement n’est pas seulement une prouesse technique : il incarne la volonté de Djibouti de devenir une colonne vertébrale numérique pour tout le continent. Chaque station d’atterrissement sera une porte ouverte vers de nouvelles opportunités économiques et technologiques.
En parallèle, Djibouti Télécom poursuit le déploiement de la fibre optique nationale, pour que le haut débit atteigne les foyers et les entreprises. L’opérateur développe aussi des data centers et des solutions cloud, afin d’héberger les données régionales et attirer les géants du numérique.
Mais cette modernisation technique s’accompagne d’une mutation institutionnelle : l’entreprise se prépare à la libéralisation du marché, où la concurrence viendra tester sa capacité d’adaptation. Diversification des services, amélioration de la qualité, ouverture vers de nouveaux partenariats… autant de défis qui dessinent une nouvelle ère.
SOUBER HASSAN









































