Djibouti réaffirme, avec constance, son attachement à une diplomatie de paix dans un contexte international marqué par de vives tensions. Lors d’une conférence de presse tenue jeudi, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulkader Houssein Omar, a exposé les grandes orientations de la politique extérieure de notre pays, tout en appelant à une désescalade durable entre les États-Unis et l’Iran.

Devant un parterre composé de hauts responsables gouvernementaux et de représentants de médias nationaux et internationaux, le chef de la diplomatie djiboutienne a mis en lumière le rôle stratégique du pays, notamment dans une région sensible dominée par les enjeux du Bab el-Mandeb. Véritable carrefour maritime mondial, Djibouti entend faire de cette position un levier au service de la stabilité régionale et internationale.

Depuis l’indépendance en 1977, et plus encore depuis l’arrivée au pouvoir du président Ismaïl Omar Guelleh en 1999, la diplomatie djiboutienne s’est affirmée comme un instrument central de la politique nationale. Fondée sur le respect de la souveraineté, la non-ingérence et la résolution pacifique des conflits, elle s’inscrit dans une vision à long terme, adaptée aux mutations d’un monde en perpétuel bouleversement.

Une diplomatie active au cœur des équilibres régionaux

Dans une sous-région souvent décrite comme instable, Djibouti se positionne en acteur de dialogue et de médiation. Le pays joue un rôle de premier plan au sein de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qu’il préside depuis 2023, œuvrant à renforcer la cohésion entre ses États membres et à promouvoir des solutions concertées aux crises régionales. La récente réintégration du Soudan dans l’organisation a été saluée comme un signe encourageant de rapprochement.

Au-delà de la sphère régionale, Djibouti a également franchi une étape significative sur le plan continental en accédant, en 2025, à de hautes responsabilités au sein de l’Union africaine. Une reconnaissance qui consacre la crédibilité et l’influence croissantes de sa diplomatie.

Dans un contexte mondial marqué par la guerre au Moyen-Orient, le ministre a exprimé son espoir de voir se consolider le cessez-le-feu récemment annoncé entre les États-Unis et l’Iran, saluant au passage les efforts de médiation du Pakistan. « Cette guerre doit s’arrêter », a-t-il insisté, soulignant les lourdes conséquences humaines et économiques du conflit.

Les répercussions de ces tensions se font sentir jusque dans les eaux du Bab el-Mandeb, où une baisse notable du trafic maritime a été observée. Une situation préoccupante pour Djibouti et l’ensemble de l’Afrique de l’Est, fortement dépendants de cette route commerciale vitale. La fermeture du détroit d’Ormuz, a-t-il rappelé, a contribué à une inflation mondiale aux effets en cascade.

Interrogé par la presse internationale sur les risques de reprise des hostilités, le ministre s’est voulu mesuré mais déterminé. Il a plaidé pour une « bonne volonté » des parties afin de transformer la trêve en paix durable, condition essentielle au retour à la normalité pour les populations et à la stabilité des échanges internationaux.

En définitive, Djibouti entend poursuivre, avec constance, sa mission de médiateur et de promoteur de paix. Dans un environnement géopolitique incertain, le pays reste fidèle à ses principes et convaincu que le dialogue demeure la seule voie viable pour résoudre les crises. Une ligne diplomatique assumée, qui fait de Djibouti un acteur respecté sur la scène internationale.

Mohamed Chakib