
Du 22 au 25 mars 2026, une dynamique nouvelle a traversé le paysage éducatif djiboutien. Portée par le Centre de Formation des Enseignants, une mission éco-pédagogique d’envergure a sillonné le pays, de la capitale jusqu’aux régions de l’intérieur, avec une ambition claire : faire de l’école un acteur central face aux défis climatiques. À travers le projet CAP 2026, l’éducation nationale s’engage dans une transformation profonde où les savoirs ne se limitent plus aux salles de classe, mais se traduisent en actions concrètes sur le terrain.
Dès le 21 mars, une réunion stratégique tenue au CFEN a posé les bases de cette tournée. Sous la direction de Mme Neima Hassan Ismail, les principaux acteurs du projet ont défini les orientations de la mission, articulées autour de l’évaluation d’un outil innovant, l’Hexathlon, et de l’installation d’éco-comités interdisciplinaires dans plusieurs établissements pilotes. L’objectif était de mesurer, mais surtout d’encourager, l’intégration effective des enjeux environnementaux dans les pratiques éducatives.

Au fil des jours, la délégation a visité plusieurs établissements répartis sur l’ensemble du territoire. De Balbala à Arta, en passant par Tadjourah, Obock, Dikhil et Ali Sabieh, un même constat s’est imposé : une prise de conscience réelle est en marche. Les élèves ne se contentent plus d’apprendre les concepts liés au développement durable, ils les expérimentent. Dans chaque établissement, les initiatives se multiplient, témoignant d’un engagement collectif porté à la fois par les enseignants, les chefs d’établissement et les élèves eux-mêmes.
Une pédagogie active au service du climat
Au cœur de cette transformation se trouve une approche méthodologique innovante, fondée sur ce que les experts appellent le « triangle éco-didactique ». Cette démarche repose sur une articulation étroite entre la compréhension des phénomènes climatiques, la mise en œuvre d’actions concrètes et l’analyse des résultats obtenus. Ce modèle permet d’inscrire les apprentissages dans une dynamique vivante, où chaque geste compte et où chaque initiative est mesurée pour en évaluer l’impact.
Sur le terrain, cette approche se traduit par une implication accrue des élèves, désormais considérés comme de véritables acteurs du changement. Dans les établissements visités, les éco-délégués jouent un rôle central. Ils initient des projets, sensibilisent leurs camarades et participent activement à la mise en place de pratiques durables. Encadrés par des enseignants, notamment en sciences de la vie et de la terre, ils incarnent une jeunesse consciente des enjeux et déterminée à agir.
La visite de l’entreprise Écotech, spécialisée dans le recyclage des déchets, a marqué un temps fort de cette mission. Elle a permis d’illustrer concrètement le lien entre l’école et le monde économique, rappelant que la transition écologique ne peut se faire sans une synergie entre les différents acteurs de la société. Cette immersion a renforcé l’idée que l’éducation doit préparer les élèves à comprendre et à transformer leur environnement.
Au-delà des résultats observés, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large, en cohérence avec les recommandations issues du Forum international sur l’adaptation climatique tenu sous le haut patronage du président Ismaïl Omar Guelleh. Elle traduit une volonté politique de faire de l’éducation un levier stratégique pour relever les défis environnementaux.
À l’issue de la mission, la réunion de synthèse organisée au CFEN a mis en lumière un sentiment partagé de réussite. L’engagement de l’ensemble des parties prenantes, des experts internationaux aux formateurs locaux, en passant par les enseignants et les élèves, témoigne d’une mobilisation nationale sans précédent. Cette dynamique collective laisse entrevoir des perspectives prometteuses pour l’avenir de l’éducation à Djibouti.
Plus qu’un simple projet pédagogique, CAP 2026 apparaît comme une véritable transformation culturelle. L’école djiboutienne ne se contente plus de transmettre des connaissances, elle devient un espace d’expérimentation, un laboratoire d’idées et d’actions au service de la société. En plaçant les élèves au cœur du dispositif, elle forme une génération consciente, responsable et engagée.
Dans un contexte mondial marqué par l’urgence climatique, cette initiative apporte une lueur d’espoir. Elle démontre que le changement peut émerger de la base, à travers des actions concrètes et une éducation adaptée aux réalités contemporaines. À Djibouti, l’école de demain est déjà en marche, portée par une jeunesse déterminée à construire un avenir plus durable.









































