À Obock, ville historique tournée vers la mer Rouge et jadis première capitale du pays, la campagne pour l’élection présidentielle du 10 avril 2026 a franchi un nouveau cap samedi dernier. Après une première étape remarquée à Tadjourah, le Centre Démocrate Unifié (CDU) a tenu son deuxième grand meeting, confirmant sa volonté de consolider sa présence dans les régions du Nord et d’y ancrer durablement sa dynamique électorale.

Dès les premières heures de la journée, une foule nombreuse a convergé vers le lieu du rassemblement, situé à proximité du quai d’Obock. Sous un ciel dégagé et une chaleur maîtrisée par une brise marine, des centaines de militants, sympathisants et curieux ont répondu à l’appel du parti. Vêtus de bleu, couleur emblématique du CDU, les participants arboraient foulards, casquettes et t-shirts à l’effigie du mouvement, transformant l’espace en une véritable marée humaine aux couleurs du parti.

L’atmosphère, à la fois festive et engagée, témoignait de l’importance de l’événement. Banderoles, pancartes et slogans rythmaient l’espace, tandis que chants et musiques traditionnelles donnaient le ton d’une journée placée sous le signe de la mobilisation populaire. Les messages de campagne, visibles sur les supports brandis par les militants, traduisaient une volonté claire : convaincre, rassembler et porter une alternative politique crédible.

L’arrivée du candidat du CDU, Mohamed Farah Samatar, surnommé « Khaireh », a constitué l’un des moments forts de la journée. Accueilli dans une liesse collective, il a traversé une foule enthousiaste venue lui témoigner son soutien. Les habitants d’Obock, fidèles à leurs traditions, lui ont réservé un accueil chaleureux ponctué de chants et de danses traditionnels, illustrant la richesse culturelle et l’identité forte de la région.

Ce bain de foule, prolongé par des salutations et des échanges directs avec les habitants, a permis au candidat de mesurer l’ampleur de la mobilisation. Jeunes, femmes, anciens, militants aguerris ou simples citoyens, tous semblaient animés par un même désir de participation et d’expression politique.

Le meeting a également été marqué par une forte représentation des différentes composantes sociales de la région. La jeunesse, particulièrement visible, s’est imposée comme l’un des piliers de cette mobilisation. À leurs côtés, des femmes engagées et des hommes de tous horizons ont contribué à donner à cet événement une dimension inclusive et représentative de la diversité d’Obock.

Tout au long de la manifestation, les participants ont repris en chœur le slogan du parti : « Un autre Djibouti est possible ». Une phrase devenue leitmotiv, scandée avec conviction, et qui semble cristalliser les aspirations d’une partie de la population en quête de changement.

Après ce moment de communion avec la foule, le candidat a rejoint l’estrade, où il a pris place aux côtés des principaux responsables du parti. Avant son intervention, plusieurs figures locales et cadres du CDU ont pris la parole, donnant ainsi une dimension participative à ce meeting.

Le directeur de campagne du CDU à Obock, Hassan Mohamed Aden, a ouvert la série des interventions en appelant à une mobilisation massive des électeurs. Dans un discours direct, il a exhorté les habitants à faire entendre leur voix lors du scrutin du 10 avril, en soutenant le candidat Mohamed Farah Samatar. Insistant sur l’importance du choix électoral, il a également invité les citoyens à exprimer leurs doléances, afin qu’elles soient prises en compte dans le programme du parti.

D’autres intervenants ont emboîté le pas, saluant la forte mobilisation des Obockois et soulignant les efforts déployés pour accueillir le candidat dans les meilleures conditions. L’un des membres du parti a notamment insisté sur le rôle du CDU comme vecteur de changement, affirmant que le mouvement portait une véritable alternative pour l’avenir du pays.

Dans un appel appuyé aux habitants du quartier de Hayu, il a exhorté les électeurs à accorder leur confiance au candidat du CDU, promettant une amélioration des conditions de vie et une alternance politique fondée sur la justice sociale. Une habitante de la région a, quant à elle, exprimé son espoir de voir Obock se transformer en profondeur, évoquant les nombreuses difficultés auxquelles la population est confrontée au quotidien.

Ces interventions, mêlant revendications, espoirs et appels à l’engagement, ont contribué à préparer le terrain pour le moment le plus attendu de la journée : le discours du candidat.

Un discours offensif et des promesses de transformation pour Obock

Prenant la parole devant une foule attentive et largement acquise à sa cause, Mohamed Farah Samatar a livré un discours à la fois offensif et structuré, plaçant Obock au cœur de son projet politique.

Dès les premières minutes, le candidat a tenu à rappeler le rôle historique de la ville. Ancienne capitale, symbole de l’histoire nationale et terre de mémoire, Obock occupe, selon lui, une place particulière dans l’identité du pays. En évoquant ce passé, il a cherché à établir un lien entre l’histoire et les enjeux contemporains, soulignant le contraste entre le prestige d’hier et les réalités d’aujourd’hui.

C’est dans ce contexte qu’il a dressé un constat critique de la situation actuelle de la ville, la qualifiant d’« abandonnée, oubliée, négligée ». Un diagnostic sévère, mais assumé, qui a suscité de vives réactions au sein du public. « Cela suffit ! Obock mérite mieux ! », a-t-il lancé, déclenchant des applaudissements nourris.

Le candidat a également mis en avant les potentialités économiques de la région, notamment ses ressources maritimes.

« Obock, une mer riche, capable de nourrir toute une nation et d’exporter vers les pays voisins », a-t-il affirmé, appelant à une meilleure valorisation de ces atouts.

Au-delà du constat, Mohamed Farah Samatar a présenté une série de propositions concrètes pour le développement d’Obock. Parmi les mesures annoncées figurent la construction de logements, l’aménagement de routes, la création d’un hôpital moderne et la mise en place d’une pêcherie destinée à dynamiser l’économie locale.

Il a également évoqué la restauration du phare historique de Ras-Bir, un projet à la fois patrimonial et touristique, qui vise à redonner à la région une visibilité et une attractivité accrues.

Dans une seconde partie de son intervention, le candidat a élargi son propos aux enjeux nationaux, en insistant sur la nécessité de réformer la gestion des ressources publiques. Il a dénoncé le gaspillage de l’État et promis de réorienter les investissements vers des régions comme Obock, souvent perçues comme marginalisées.

La lutte contre la corruption a été présentée comme une priorité absolue. « Nous promettons de combattre la corruption sans faiblesse », a-t-il déclaré, s’engageant à instaurer une gouvernance plus transparente et plus équitable.

Le candidat a également abordé les questions sociales, notamment celles liées à l’emploi des jeunes et au coût de la vie. Il a promis la création d’opportunités pour les jeunes diplômés, ainsi qu’une réduction du coût de l’électricité et des produits de première nécessité.

Ces engagements, présentés comme des réponses directes aux préoccupations des citoyens, ont trouvé un écho favorable auprès de l’assistance, en particulier chez les jeunes, nombreux à participer à ce meeting.

En conclusion de son discours, Mohamed Farah Samatar a adopté un ton rassembleur, multipliant les slogans destinés à fédérer et à mobiliser. « Obock ne sera plus oubliée. Obock sera respectée ! Le changement commence maintenant. Le changement, c’est avec vous. Le changement, c’est le CDU », a-t-il martelé, avant de conclure par un vibrant « Vive Obock ! Vive la République ! ».

À travers ce deuxième meeting, le CDU confirme sa stratégie de terrain, fondée sur la proximité, l’écoute et la mobilisation. À Obock, comme à Tadjourah, le parti semble vouloir construire une dynamique progressive, en s’appuyant sur l’adhésion des populations locales.

Reste désormais à savoir si cet élan se traduira dans les urnes le 10 avril prochain. Mais une chose est certaine : à Obock, la campagne présidentielle 2026 est bel et bien lancée, et elle se joue au plus près des citoyens.

Souber Hassan