| Transports |
| Le train, le grand absent de cet été |
En ces périodes estivales où bon nombre des compatriotes reviennent des divers horizons, aux climats plus cléments, le train, une grande icône, manque au rendez-vous. Que ça soit « lotray », « faalito » ou « assarjog », il aura marqué plus d’un. Nul n’oublie son premier voyage vers l’Ethiopie par la voie ferré car il est des moments dans notre vie gravés à jamais dans nos mémoires. Des instants que l’on grave au fer rouge. Les voyages effectués jadis en train n’ont pas de comparable. Plus plaisant que pénible, ils n’ont rien à voir avec les transport en bus actuel. Notre train c’était, un condensé de vie, mieux encor une société vivante mis sur rail. Notre train c’était la cacophonie, le brouhaha, le désordre plaisant, les imprévus, les chamades, la clandestinité, le tour de passe-passe et les sans papiers. Les surchargements ainsi que les confidences ponctués des prières et des conjurations sur le viaduc de Holl-Holl. Inoubliables sont aussi ces familiers du train que sont les charcharis, les koutoublehs et les aïcha-khouchis ou les khadija-millo, contant chacun plus de milles et une anecdote. Les « cruchments », les retards et les bousculades s’effaçaient par le gabey, le saxxaq, le willwileh, le bourambur... Bref, la vraie vie africaine telle qu’on la connait bien loin du glacial atmosphère de rigidité, de suspicion ainsi que de l’extrême propreté et ordre des transports ferroviaires occidentaux. Notre « lotoray » c’était l’harmonie du voyage avec son changement de rythme allant tour à tour du chevauchement, au balancement ou de la vitesse de croisière dans les lignes droites comme l’envol d’un avion. Il est vrai que son état de vétusté était bien avancé mais avec lui, on était sûr que la famille ne reviendrait pas toute décimée. Car notre train ne faisait presque jamais des victimes parce qu’il était impérial sur sa voie unique et exclusive. Maïdoub |
|
|