| Malnutrition |
| Un système de surveillance |
Hier au centre de conférences Kulan, le Ministère de la Santé en partenariat avec l’Unicef a procédé au lancement du système national de surveillance nutritionnelle (SNSN) grâce auquel le gouvernement disposera des données fiables de façon continue et régulière sur la malnutrition à Djibouti. Il était temps que le pays dispose d’un mécanisme de surveillance sur la nutrition. Le Ministère de la Santé a comblé hier ce vide suite au lancement officiel Les uns et les autres se sont dits satisfaits de la mise en place de ce mécanisme de surveillance qui permettra de fournir des données exactes sur l’évolution de la malnutrition en République de Djibouti. Ses statistiques seront disponibles aux responsables des départements concernés qui suivront l’état nutritionnel de la population, et plus particulièrement celui des enfants de moins de 5 ans. Après une analyse de la situation alimentaire et nutritionnelle de façon continue selon une approche intersectorielle, les autorités compétentes seront en mesure d’engager de concert des actions préventives et adéquates contre la malnutrition infantile. L’intérêt de l’outil est qu’il renforcera la collaboration entre divers départements techniques concernés. D’où des meilleures prises de décision grâce qui planifieront les interventions sur le terrain. Mieux, le système national de surveillance nutritionnelle (SNSN) relayera rapidement l’information pertinente auprès des acteurs sur le terrain. Ce qui facilitera le traitement de la malnutrition à la base. Toujours est-il que ce système de surveillance nutritionnelle vient à point nommé. Car les conclusions de l’enquête EDIM réalisée en 2006 montrent que la prévalence de la malnutrition est passée de 17,9% en 2002 à 20, 7 % en 2006 pour la forme aigue globale et de 5,9 % à 7,5% pour sa forme sévère. Des réalités aussi alarmantes découlent de plusieurs facteurs. Citons la sécheresse récurrente de ces dernières années et la hausse des prix alimentaires enregistrés qui ont eu pour effet de limiter l’accès d’un grand nombre de familles aux denrées alimentaires de première nécessité. Il est clair que l’inflation des prix des denrées alimentaires affecte surtout le pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres qui sont contraints de choisir un régime alimentaire moins équilibré. La mise en place d’un système national de surveillance nutritionnelle fait partie des stratégies qui aideront à prévenir la malnutrition et, par ricochet, à améliorer la survie des enfants en République de Djibouti selon l’officiel onusien. « C’est la raison pour laquelle l’UNICEF appuie la mise en place du SNSN couvrant Djibouti ville et les 5 régions de l’intérieur », a-t-il indiqué en substance devant l’auditoire du centre Kulan. Selon les dernières statistiques de l’enquête nutritionnelle de validation réalisée entre octobre et novembre 2007, la situation nutritionnelle met en relief un sérieux problème de santé publique avec une prévalence de malnutrition aiguë globale (MAG) de 16,8 % et de 2,4 % de malnutrition aiguë sévère (MAS) parmi les enfants de moins de cinq ans. D’après l’OMS, les taux de prévalence de la malnutrition aiguë enregistrés font état d’une croissance au seuil de la crise nutritionnelle de 15 % pour la MAG et 2 % pour la MAS pour diligenter que la situation est plus que préoccupante. D’autre part, l’enquête à indicateurs multiples (MICS) de 2006 établis que le causse principal de la situation nutritionnelle, aussi alarmante soit elle, est dû sans équivoque à la fréquence de la sécheresse, au fort de taux de chômage (60%) et aux prix des aliments trop chers pour la plupart des ménages. Et cela, aussi bien en zones rurales qu’urbaines. En ce qui concerne les cinq régions de l’intérieur, le système national de surveillance nutritionnelle a publié son premier bulletin trimestre. Sa lecture est riche d’enseignements. Avec un taux supérieur entre 5 % à 10 %, la région d’Ali Sabieh serait au dessous du seuil d’alerte selon les rédacteurs du document. Les quatre autres régions (Arta, Dikhil, Obock et Tadjourah) sont placées en alerte nutritionnelle selon ces mêmes sources crédibles Le détail résume toute la pertinence de mettre en place une sentinelle de surveillance nationale de nutritionnelle pour un avenir meilleur aux jeunes générations d’aujourd’hui et de demain selon la logique dominante du Ministère de la Santé et l’Unicef. MAAS |
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