N°  73 du Dimanche 02 Mai 2010

L’UNFD

Pionnière de la lutte contre les MGF 

L’union Nationale des Femmes Djiboutiennes a toujours œuvré depuis se création pour une éradication totale de ces pratiques traditionnelles néfastes. Un des premiers combats menés par l’UNFD a été de briser le tabou entourant cette pratique aux origines incertaines. C’est ainsi que fut créé au sein de l’UNFD, le Comité National de Lutte contre les Pratiques Traditionnelles Néfastes en 1984 suite à la Conférence Internationale sur les Pratiques Traditionnelles Néfastes à Dakar au Sénégal durant laquelle le Comité Inter –Africain (CI –AF) a été mis en place.

Parmi les actions menées par ce Comité National de lutte Contre les Pratiques Traditionnelles on citera notamment le plaidoyer pour l’intégration de l’article 333 au code pénal djiboutien sanctionnant et réprimant les violences ayant entraîné une mutilation génitale de 5 ans d’emprisonnement et de plus d’un million FD d’amende. Sans oublier l’organisation d’une conférence destinée aux décideurs politiques, religieux et aux femmes en invitant un imminent théologien en islam de l’Université Egyptienne d’Al –Azhar pour dénoncer l’absence de fondement religieux de ces pratiques.

Malheureusement, dans la pratique la sanction pénale n’a jamais été appliquée dans notre pays parce que tout simplement aucune femme victime n’a osé tenté une quelconque action en Justice. Se réfutant à toute résignation, la Première Dame et Présidente de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes, Mme Kadra Mahamoud Haïd a pris le problème des Mutilations Génitales Féminines à bras le corps en s’attaquant de front à ce mal qui ne cesse de ronger notre société.

Ainsi, depuis Décembre 2003 l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes a poursuivi ses efforts pour l’éradication des pratiques traditionnelles néfastes comme les Mutilations Génitales Féminines en s’associant avec l’Organisation Non Gouvernementale Equality now et organisant toute une série de programmes de sensibilisation sur ce sujet.

Dans une première étape, des opérations de recensement ont été lancées pour déterminer le nombre des exciseuses en activités dans certaines localités ciblées par cette enquête. Il faut signaler que la pratique des Mutilations Génitales Féminines représentait pour les exciseuses la seule source de revenue leur permettant de subvenir à leurs besoins.

Pour amener celles –ci à s’engager à abandonner définitivement l’excision des jeunes filles, l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes a organisé un atelier de réflexion pour la reconversion des exciseuses en activité dans les localités ciblées vers des métiers beaucoup moins cruels et plus générateurs de revenus.

Parallèlement, une journée nationale de dépôt des couteaux des exciseuses a été organisée par l’UNFD avec l’appui du CI –AF pour encourager celles-ci à jeter définitivement leurs sinistres instruments de travail. Chaque 06 février, l’UNFD en collaboration avec ses partenaires célèbre la journée internationale Tolérance zéro à la MGF.

Heureusement, la volonté politique de lutter contre ces pratiques traditionnelles néfastes s’est exprimée au plus haut niveau de l’Etat, Son Excellence Monsieur Ismaïl Omar Guelleh a dénoncé avec force ces pratiques dans son discours prononcé lors de la Journée Internationale de la Femme, le 08 Mars 2004.

Mais encore, l’engagement politique de notre pays en faveur de cette éradication s’est exprimée à travers les ratifications de plusieurs conventions relatives aux droits des enfants, relative à la protection des femmes contre les violences et les discriminations ainsi que la signature en 2005 du Protocole de Maputo de protection des droits des femmes africaines.

La mobilisation de la République de Djibouti a été récompensée par l’organisation d’une Conférence Sous Régionale issue de la Campagne Mondiale pour l’éradication des Mutilations Génitales Féminines et ce fut la Première Dame et Présidente de l’UNFD qui en assura la Présidence en février 2005. A la fin de cette Conférence Sous Régionale, il s’est dégagé un consensus politique et religieux autour de l’interdiction formelle de ces pratiques néfastes.

La conférence sous –régionale pour l’éradication des pratiques traditionnelles néfastes à Djibouti a été reconnue et saluée par toutes les djiboutiennes et plus particulièrement les militantes issues des rangs de l’Union Nationale des Femmes Djiboutienne comme étant la consécration de la dynamique enclenchée et initiée par la Première Dame et Présidente de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes en faveur de la promotion de la condition de la femme et sa contribution aux efforts de développement de notre pays.

Cette campagne de formation et d’information des législateurs sur l’éradication des MGF en République de Djibouti a été programmée en deux étapes à savoir dans une première phase la sensibilisation des parlementaires et dans une seconde phase celle destinée aux élus locaux, au début de l’année 2008.

Les objectifs assignés visaient à impliquer d’avantage les législateurs dans la lutte pour l’éradication des Mutilations Génitales Féminines en République de Djibouti par des formations et des informations sur les différentes types de Mutilations Génitales Féminines, par un rappel du rôle des législateurs dans lutte, par un exposé sur l’arsenal juridique existant en matière de lutte contre les Mutilations Génitales Féminines tant au niveau national qu’international notamment la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Convention Internationale sur les Droits de l’Enfant et enfin la Charte Africaine des Droits de l’Homme et son protocole sur les Droits des Femmes.

Cette campagne avait également pour objectif d’encourager et convaincre les législateurs pour plaider en faveur de l’application des lois anti-MGF ou en élaborant des lois et textes applicables et efficaces. Ainsi, durant cette campagne de formation et d’information, les législateurs sensibilisés se sont engagés à s’impliquer davantage dans le combat contre les Mutilations Génitales Féminines en joignant leurs efforts à ceux des autres partenaires concernés, tout en mesurant l’évolution des mentalités.

Cependant force est de constater qu’en dépit du chemin parcouru, la pratique des Mutilations Génitales Féminines perdure toujours même si on pu noter un recul progressif en milieu urbain. Elle se pratique malheureusement dans la clandestinité particulièrement dans les localités rurales.

C’est pourquoi, l’UNFD se doit de redoubler d’efforts et demeurer vigilante pour parvenir à l’éradication des pratiques traditionnelles néfastes dans notre pays. Car, la santé des femmes et des fillettes est hypothéquée par la mutilation génitale féminine (MGF) c’est pourquoi il faut mener toujours et encore des campagnes intensives dans les quartiers de la capitale et les localités des régions intérieures afin que ces pratiques cessent.

(Source : UNFD)