N°  71 du Mercredi 28 Avril 2010

Institut Djiboutien des Arts 

Venez nous voir ! 

Référence culturelle depuis quelques années l’Institut Djiboutien des Arts s’est imposée comme un modèle institutionnel donnant à beaucoup de jeunes la possibilité d’embrasser la carrière d’artiste. Cependant, malgré le soutien permanent et indéfectible du Gouvernement,  l’IDA est confronté à quelques difficultés,  notamment  le  maintien des étudiants  en formation,  pérenniser les artistes confirmés, et fidéliser un public de plus en plus acère.  Tout cela n’enlève rien à la volonté de fer de sa directrice Mme Hasna Maki qui a bien voulu accorder un entretien à « La Nation ». 

Que pouvez vous nous dire sur  l’IDA ?

Etre à la tête de la Direction de l’IDA, est une réelle passion avant d’être une fonction. Nous avons la chance d’être au contact des nouveaux talents, de  travailler avec des grands noms comme Aden Farah Samatar, Mahmoud Hassan Miguil dit « Hous », et Nasser Abdallah « Dinkara », et de voir enfin nos étudiants  entrer dans l’orchestre national, ou monter des groupes comme Ardoukoba.

Quel est le sens de votre mission ?

Notre ambition est de soutenir et promouvoir chaque artiste dans les domaines de la musique, du théâtre, des arts plastiques etc.. Nous offrons une pédagogie solide et des ateliers pour renforcer leurs créativités. Nous les confrontons à différents milieux artistiques. Nous essayons également de les promouvoir en les intégrant dans des projets  avec l’IFAR, le ministère de la Communication et la Culture, ou la Goethe Institute.

  Qu’ en est-il des plus anciens ?

 Ils nous aident et font un travail remarquable. Nous avons quatorze conseillers artistiques dont un grand nombre sont des étoiles nationales, qui ont eu la gentillesse de transmettre leurs expériences et leurs compétences. C’est pourquoi nous voulons vraiment inciter les entreprises privées à devenir des partenaires réguliers et permanents pour donner encore plus d’éclats aux spectacles vivants. 

Quels sont les freins ?

De façon générale, le métier d’artiste peut paraître secondaire, voire futile. Nous avons des grands talents et des espoirs immenses mais, malgré nos efforts, nous avons du mal parfois à mobiliser. Il nous arrive de faire des spectacles à renfort de promotion pour un public confidentiel.

 Quelle en est la raison ?

Nous faisons face à un réel désamour du public pour une raison simple : l’absence d’habitude. Nous voulons vivement créer un rendez-vous quotidien, voire mensuel avec le public. Nous voulons réellement qu’il soit un acteur du processus culturel, créatif et artistique.

Avez-vous un message à dire à la jeunesse ?

Nous sommes confrontés à une déperdition de jeunes talents pour  des raisons sociales que nous comprenons, car la vie d’un artiste est difficile, mais nous sommes là pour les aider et leur offrir une opportunité  réelle.

Quels sont vos projets pour cette année ?

Nous souhaitons créer l’année prochaine une filière audiovisuelle,  construire un orchestre national, avoir des nouveaux bâtiments, avoir plus d’étudiants,  faire connaître encore plus d’artistes, et de beaux projets à offrir au public. Alors venez nous voir ! Nous souhaitons réellement remercier le ministre de la Culture et de la Communication pour sa présence et son soutien.

  PROPOS RECUEILLIS PAR HANADE YACIN