N°  65 du Mardi 20 Avril 2010

Edito

L’Histoire en marche 

En ce jour doublement historique, le monde entier a pu voir que dans ces terres d’Afrique où parfois l’on est contraint de constater la misère des peuples engendrée par les conflits fratricides, il existe des pays comme le nôtre qui, en dépit d’une région réputée instable, a su tirer profit de sa position géostratégique pour prendre en main son destin. Et quel destin! 

Après l’acquisition de notre indépendance en 1977, la République de Djibouti a connu plusieurs dates historiques, à commencer par la parenthèse douloureuse de 1994, laquelle s’est aussitôt achevée et sans l’intervention d’une tierce personne, par les accords d’Aba’ a, consolidant du coup la cohésion sociale et l’unité nationale.

Eh oui, la paix des braves a été scellée sous l’arbre à palabres, comme le veut notre tradition. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir un  conflit de ce genre résolu en si peu de temps et sans l’ombre d’une médiation étrangère, voire onusienne, comme c’est le cas, malheureureusement, dans bon nombre de pays du globe en général, et du continent noir en particulier.

Après, il y a eu le referendum de 1992 qui ouvrait la porte au multipartisme. Là aussi, l’évolution politique s’est opérée de manière consensuelle et dans la plus stricte légalité. Ensuite ce fut la passation de témoins entre le père de la Nation, premier Président El Hadj Hassan Gouled Aptidon (Que la terre lui soit légère) et le Président actuel

M. Ismail Omar Guelleh. Unique, cette transition s’est déroulée dans une ambiance d’extrême communion du peuple djiboutien et de ses dirigeants.

Cette transition plus qu’exceptionnelle est inscrite en lettres d’or sur les annales de l’Histoire de l’Afrique. Exemplaire a été l’évolution politique, sociale, économique et culturelle de notre pays depuis son accession à l’indépendance.

C’est dans  ce contexte  de mutations constantes et porteuses d’espoir  qu’encore une fois la République de Djibouti a marqué son existence par une évolution politique majeure et digne des grandes démocraties occidentales.

D’un coté, un peuple uni comme un seul homme, manifestant par dizaine de milliers et avec beaucoup de conviction et de détermination sa volonté pour une révision constitutionnelle effective, et exigeant à celles et ceux qu’il a élus de procéder à une révision constitutionnelle. De l’autre, des parlementaires qui, soucieux de répondre le plus vite possible aux aspirations légitimes de ce peuple aux couleurs de l’identité djiboutienne, procède rapidement à la ratification de cette modification constitutionnelle. Je me rappelle de ces députés qui se relaient un à un sur l’estrade pour dire « Je vote oui pour la révision de la constitution.»

Et cette joie immense qui s’est emparée soudain de la foule à l’annonce des résultats du vote des parlementaires qui s’est soldé par 59 voix pour 59 députés présents dans la salle. L’unanimité a été retenue. C’est dire la nécessité d’une telle évolution qui répond aux exigences du contexte politique actuel et bien sûr de la volonté du peuple, garante du bien-fondé de notre constitution.

Enfin, je ne peux que m’incliner devant le fabuleux destin de ce petit bout d’Afrique qui, il y a plus d’une trentaine d’années, ne présentait aucun intérêt, du moins aux yeux des autres, mais pas des nôtres.                             

MGB