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N° 37 du Lundi 08 Mars 2010 |
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Medeho Une destination de rêve
A deux heures de route depuis Obock, cette station montagnarde offre en saison fraîche, un climat proche de ce qu’on appelle ailleurs « le mauvais temps ». Pour cause, le mois de février fut pour les habitants de cette localité, un véritable « temps de chien». Pour les visiteurs opportuns, un dépaysement total qui suscite un sentiment de fierté. Un regard gourmand sur les collines verdoyantes, où les rangées de jasmins longent le long d’une piste cahoteuse, des acacias géants ondulant sous les rafales de vent, le tout accentué par le chant sourd de la pluie. Nul n’a besoin d’être artiste pour composer avec cette fête grandeur nature. En réel contraste avec les ruelles étroites de la capitale, à l’insalubrité des quartiers populaires, à la place Harbi qui suffoque sous sa propre respiration ou le paysage désolant du Lac-Assal…la vision pittoresque du pic vêtu de son bonnet de neige, stimule de facto ce qui peut rester en nous de l’élan d’évasion. Pour un pays célèbre pour la beauté de ses granites et autres pierrailles calcinées par les volcans, Medeho et ses environs offrent une image digne des cartes postales. Pour les riverains, l’ambiance est plutôt maussade durant cet épisode d’intempérie. Les bêtes restent confinées dans les enclos. C’est peu si certaines ne meurent pas de faim et de maladies qui surgissent en pareille occasion. Le bois de chauffage manque, les chemins boueux deviennent impraticables. L’accès difficile. Même pour les ambulances. Le réseau GSM fonctionne par intermittence. Le village, replié sur soi, entame son hibernation saisonnière. Seul, le son de la pluie rythme le temps, coupé, par moment, par l’appel à la prière de l’unique mosquée du village. Il fait nuit en plein jour et frais tout au long de la journée. Ces intempéries peuvent durer des semaines successives. Les premiers rayons du soleil percent les couches du brouillard. Les gros amas de nuages entament leur déplacement vers l’ouest, vers le Day, ultime refuge de « cumulus ». Signes imminents du retour à la « normal ». Les pierres brillent de mille feux. Le parfum s’accentue. Le beau temps commence. Bientôt, les meilleurs produits de la dame nature afflueront sur le marché local : cabris, miel et lait frais. Après la pluie, le beau temps. Medeho, aux côtés du Day et d’Arta, dévoile le dessous de notre climat, qualifié souvent de «rude». Et l’endroit vaut bien un détour, bien sûr ! Ali Houmed |