N°  20 du Jeudi 04 Février 2010

Portrait

 Un artiste artisan

Garagiste, spécialiste en réparation des carrosseries de l’automobile et des travaux sur l’acier et la tôle, Youssouf Awaleh  Ibrahim est aussi un artisan-artiste qui confectionne des objets de curiosité, tel que ce navire de guerre en miniature qu’il a confectionné de ses propres mains et qu’il nous présente fièrement comme le fruit de son imagination. 

Quinquagénaire, Youssouf cherche à mettre en valeur sa passion, celle de créer à partir de l’imaginaire, celle d’être toujours productif malgré l’usure du temps. Pour ce faire, il s’isole souvent dans son atelier de l’avenue Nasser, situé dans le périmètre de la « place  Koumayo ».

Une avenue et une place animées par une multitude de petits commerces, échoppes et garages qui bordent les deux rives de la route traversée sans cesse par les bus et les minibus du transport en commun.  C’est à l’âge de douze ans qu’il commence à taper sur l’acier et le fer en compagnie de son père. Remarqué pour ses prouesses de tôlier-carrossier, il est recruté dans les années 50 par l’atelier du port qu’il quittera 19 ans plus tard pour d’autres emplois avant de lancer son propre garage-auto dont il confie par la suite la gestion à ses enfants afin de se consacrer pleinement à sa passion.

L’idée de construction de bateaux en miniatures se manifeste  un jour de 1968, alors qu’il était chargé  d’effectuer des travaux sur un navire de la marine française accosté au port de Djibouti. C’est le coup de foudre entre l’animal en acier et l’homme. Youssouf mémorise ainsi les moindres détails du navire, vus de l’intérieur comme de l’extérieur, pour se lancer le défi de le reproduire en petit format. Après un an de travail d’horloger, l’oeuvre voit enfin le jour. Mais l’homme voit grand. Il ambitionne la construction d’un véritable navire  de guerre si, dit-il, l’opportunité et les moyens  nécessaires se présentent un jour.  « Je suis capable de construire un bateau de plus de 40 tonnes, des chars et même plus. Je rêve d’un grand atelier dans la banlieue de Balbala... »

Aller au bout de son rêve, c’est tout ce que nous pouvons lui souhaiter.

KMA