N°  17 du Lundi 1er Février 2010

VIH / SIDA

Une épidémie généralisée 

« Avons-nous mis en place ce qu’il faut pour protéger les jeunes de notre pays des IST*/VIH/SIDA et garantir leur accès aux soins et traitements ? »

S’adressant aux séminaristes, le ministre de la Santé, Abdallah Abdillahi Miguil, a aussitôt indiqué que « cette question doit trouver une réponse précise et orienter notre façon d’agir dans les écoles, les centres de développement communautaire, les lieux de culte et autres places publiques où des activités d’éducation des jeunes peuvent être réalisées. »

C’était mardi dernier dans l’amphithéâtre de l’Institut supérieur des sciences de la santé (ISSS) et de l’Ecole de médecine de Djibouti (EMD), lors de la séance solennelle de lancement des travaux d’un atelier qui s’est déroulé en deux phases distinctes : la première consacrée à la «validation des résultats de la sero-surveillance du VIH 2008 » et la seconde portant sur la « formation des acteurs des sites sentinelles pour la surveillance 2009-2010», comme intitulé.

Sero-surveillance du VIH 2008. La validation, au cours de cet atelier d’une journée entière, des résultats de la sero-surveillance du VIH 2008, selon le coordonnateur ONUSIDA à Djibouti, le Dr Barihuta Tharcisse, s’inscrit dans le cadre de la « production d’un rapport UNGASS de qualité qui sera alimenté par les données des autres secteurs et ceux de la société civile durant le mois de février afin que la validation du rapport complet intervienne avant le 15 mars 2010. » Ce rapport UNGASS, qui est « attendu au 31 mars 2010 » constitue « un rapport multisectoriel comprenant 25 indicateurs articulés sur les composantes, engagements nationaux et internationaux, programmatiques, socio-comportementaux, impacts», a-t-il expliqué.

Pourquoi VIH 2008 ? A ce propos, le représentant de l’ONUSIDA a fait observer que « Djibouti, comme la plupart des pays de la région MENA (8 pays sur 22 du Moyen Orient et afrique du Nord), n’a pas finalisé et soumis son rapport en 2008. » C’est pourquoi, précise-t-il, « l’ONUSIDA, l’OMS et l’UNICEF ont été mandatés et se sont engagés dès décembre 2009 pour apporter le soutien au pays pour le rapport de 2010 dans le cadre de l’harmonisation, et ainsi éviter la duplication dans la production des rapports ayant un lien avec le secteur de la santé. » Et d’ajouter qu’en effet, « une des cinq missions de l’ONUSIDA consiste à soutenir la production et l’utilisation de l’information stratégique pour une meilleure planification, mise en œuvre et suivi-évaluation de l’épidémie et de la réponse nationale. »

Redynamiser la lutte à l’intérieur du pays. Que disent alors les derniers résultats de la sero-surveillance du VIH ? C’est, de son côté, le ministre de la Santé qui nous en donne un aperçu : « Si les résultats publiés récemment par l’ONUSIDA apportent des données documentées sur l’efficacité des programmes de prévention, ils montrent aussi que le nombre de personnes vivant avec le VIH n’a jamais été aussi important», a-t-il déclaré en faisant remarquer que « dans ce contexte, les défis en matière d accès universel à la prévention, aux soins et aux traitements se posent de plus en plus avec acuité et doivent mobiliser notre attention à tous. »

Poursuivant son exposé, le ministre Abdallah Abdillahi Miguil a par ailleurs fait savoir qu’« au niveau national, l’épidémie est reconnue pour être généralisée, c’est-à-dire que le niveau de prévalence chez la femme enceinte est supérieur à 1% » et qu’«en 2006, la séroprévalence du VIH chez les femmes enceintes était de 2,2% en milieu urbain (Djibouti ville) et de 1,2% en milieu rural. En 2007, cette prévalence était de 2,4% à Djibouti ville et de 0,5% en milieu rural. »

Bref, selon M. Miguil, le constat démontre, d’une part, « que l’épidémie du VIH est bien implantée dans l’ensemble du pays » et que « les données sur la notification des cas d’infection à VIH montrent que les structures sanitaires de Djibouti ville et des régions dépistent régulièrement des personnes vivant avec le VIH/SIDA. »

Puis, d’autre part, poursuit le ministre, « les résultats obtenus chez la femme enceinte montrent qu’il n’y a plus de différence statistiquement significative entre la prévalence du VIH à Djibouti ville et dans les régions de l’intérieur du pays. » Raison pour laquelle, estime-t-il, « le VIH/SIDA ne doit plus être considéré comme un problème qui ne concerne que la capitale. »

C’est pourquoi « si nous tenons compte du désenclavement de l’arrière-pays, de sa modernisation, du poids des migrations, il est impératif que la lutte contre le sida soit redynamisée à l’intérieur du pays », a souligné M. Miguil.

FAHIM
* IST : Infection Sexuellement transmissible.