N°  112 du Jeudi 24 Juin 2010

Secteur bancaire

Le point avec…Djama Mahamoud Haid
Gouverneur de la Banque Centrale de Djibouti 

Le Gouverneur de la Banque Centrale de Djibouti a fait hier un discours aux termes évocateurs sur la transformation du paysage bancaire national lors de la cérémonie de pose de la première pierre de la tour « Burj Salaam » que la banque Salaam African va édifier sur un terrain aux salines ouest. Voici reproduite ci-dessous la quintessence des propos de M. Djama Mahamoud Haid sur la multiplication des banques à Djibouti et la politique bancaire du gouvernement.

Certains s’interrogent sur les raisons de cette forte recrudescence du nombre de banques qui viennent s’installer à Djibouti. Mais il faut savoir que cela n’est pas la conséquence logique de tous les projets d’investissements que notre pays a su attirer.

La multiplication des banques répond aussi à une demande réelle du marché financier djiboutien. Notre pays s’affirme de plus en plus comme un « Hub » commercial régional de premier plan grâce à ses infrastructures modernes et performantes.

Le développement de cette plate-forme portuaire et commerciale exige bien entendu un réseau bancaire dense et varié.  Malgré la multiplication du nombre de banques, je rappelle que la bancarisation ne touche encore que 11% de la population djiboutienne adulte. J’encourage par conséquent toutes les banques de la place à suivre l’exemple de Salaam African Bank en investissant dans les projets similaires et asseoir leur solidité financière en augmentant leurs fonds propres.

Depuis 2008, dans le contexte actuel marqué par la crise financière et les perturbations internationales, la banque Centrale de Djibouti est particulièrement attentive au renforcement des fonds propres des banques et veille scrupuleusement à assurer la stabilité et l’intégrité du secteur financier.

En effet, même si le secteur bancaire ne semble pas poser de menace systémique immédiate, l’entrée de nouvelles banques a transformé le paysage financier en le rendant plus compétitif et donc pourrait accroître les sources de vulnérabilités.

Aussi, pour consolider la solidité du secteur financier, les autorités monétaires ont récemment décidé de relever le niveau du capital minimum requis dans le cadre des projets de textes réglementaires révisés régissant la profession bancaire.