N°  112 du Jeudi 24 Juin 2010

Edito 

Nul n’est au dessus de la Loi 

Nul n’est au dessus de la Loi », cette maxime vient de prendre tout son sens au cours du procès du sieur BOREH. Abdourahman-Charles Boreh, qui n'a jamais voulu répondre aux convocations de la justice de son pays et qui a été jugé par contumace et reconnu coupable d'instigation d’actes terroristes et d’association des malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste par la Cour Criminelle de Djibouti ce mercredi 23  juin 2010 au Palais de Justice.

La cour criminelle a, après une bonne heure de délibéré rendu son verdict en fin de matinée à l’encontre de M Abdourahman M Boreh et de Mohamed Ahmed Abdillahi alias Boss, qui ont été condamnés respectivement à une peine de réclusion criminelle de 15 et 5  ans d'emprisonnement fermes. Cette condamnation est en effet l'aboutissement d'une instruction criminelle consécutive aux attentats aux grenades commis sur le Supermarché Nougaprix le 04 mars 2009 et sur la Brigade de Gendarmerie de Cheick Moussa le 8 mars 2009. Ces deux attentas à la grenade n'avaient heureusement fait que des blessés légers mais des dégats matériels considérables.

Les 3 magistrats professionnels et les 4 Jurés qui ont composé la Cour Criminelle ont pris en compte les différentes preuves qui ont été avancées contre les accusés par le ministère public et notamment les conversations téléphoniques entre M Boreh et Mohamed Boss d'une part et Boreh et Mahdi (qui est mort avant le procès) d'autre part. Le contenu de ces conversations ont véritablement stupéfait les membres de la Cour et les nombreuses personnes venues assister au procès.

On entendait la voix de Abdourahman Boreh qui avait téléphoné (le soir même du 4 mars après l'explosion au Supermarché Nougaprix)  à Mohamed Boss et à son frère  Mahdi pour insister auprès de ces derniers sur la nécessité "d'intensifier et d'augmenter la cadence des attentats pour que leurs échos arrivent  jusqu'à la place Ménélik et jusqu'aux blancs ! Lorsque les attentats feront beaucoup d'échos alors j'augmenterai aussi mon soutien financier" insistait Abdourahman-Charles au téléphone !

Et pourtant c'est ce pays et le peuple Djiboutien qu'il a décidé de détruire qui ont permis à Abdourahman-Charles d'accumuler les milliards qui lui ont finalement fait tourner la tête...

Le Procureur Général de Djibouti a insisté sur la spécificité de l'acte terroriste, "c'est l'emploi délibéré de la violence (destructions, explosions, attentats, assassinats, enlèvements...) de telle sorte que leur retentissement psychologique (terreur, peur) dépasse largement les cercles des victimes directes pour frapper massivement l'opinion concernée".

L'acte de terrorisme a rappelé le procureur "c'est un acte criminel particulier en ce qu'il vise à détruire l'homme dans ce qu'il a d'humain, c'est un acte destiné à détruire l'humanité ! L'attentat terroriste a pour but de provoquer le chaos, l'apocalypse de l'homme mais pour des croyants comme nous l'apocalypse ne peut être que l'œuvre de Dieu. Il n'y a aucune différence entre ceux qui posent des bombes à Mogadisho, Kaboul ou Bagdad au nom de Dieu et ceux qui ont balancé des grenades sur le Supermarché Nougaprix ou sur la Brigade de Cheick Moussa pour échapper au fisc ou pour gagner quelques millions !

Il n'y a que maître Morice pour imaginer qu'un individu qui refuse de payer ses impôts mais qui dépense sans hésiter des millions pour commettre des attentats terroristes sur un supermarché à une heure de grande affluence ou sur une brigade de gendarmerie peut être candidat à une élection présidentielle ; c'est contraire à l'histoire de l'humanité, c'est contraire à l'histoire de ce pays et c'est contraire à la mentalité du peuple Djiboutien... "

La Cour a aussi rappelé la préparation de ces attentats qui a commencé dès janvier 2009, les rôles que Boreh avait assigné à chacun de ses terroristes, la promesse qu'il avait également fait à ces derniers qu'ils deviendraient tous milliardaires comme lui, une fois réalisée le chaos à Djibouti et renversée le gouvernement en place.

Nous reviendrons plus longuement sur ce procès dans notre prochaine édition!