N°  111 du Mercredi 22 Juin 2010

1986, l’année du succès diplomatique 

L’an IX de l’indépendance aura été inévitablement celui de la victoire diplomatique pour le peuple djiboutien et le président de la République, Hassan Gouled Aptidon. En effet, du 15 au 16 janvier 1986, tout le pays avait vibré pour l’organisation et la tenue du premier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’IGAD. Un événement régional qui a fait de Djibouti, pendant deux jours, la capitale de l’Afrique de l’Est. "La Nation" ne fut pas naturellement en reste. L'article qui suit, paru dans les colonnes de votre journal, relate cet évènement sans précédent. Flash-back sur une rencontre décisive qui aura consacré la naissance de l'IGAD.

Cinq chefs d’Etat, l’Ethiopien Mengistu Haile Mariam, le Somalien Mohamed Siad Barré, l’ex-président ougandais Tito Okello, le Kenyan Arap Moï et l’ancien président soudanais Sewar El Dahab, ainsi que leur hôte le président Gouled ont, à l’issue d’intenses travaux au Palais du Peuple, signé l’acte de naissance d’une organisation régionale de lutte contre la sécheresse et pour la coopération régionale.  

Cette rencontre historique a un écho continental comme en témoignait la présence du président en exercice de l’OUA et Chef de l’Etat du Sénégal, M. Abdou Diouf. « La création de votre institution a fait naître dans le cœur des populations de votre sous-région un immense espoir qui, j’en suis sûr, ne seront pas déçues ».

Dans son important discours lu devant ses homologues à cette occasion, M. Abdou Diouf devait ajouter : « A l’échelle continentale, cet événement à la valeur d’un exemple à méditer et, surtout, à suivre. »  

Une figure politique. Ainsi, à Djibouti, les six chefs d’Etat ont conjugué leurs efforts pour lutter contre les fléaux dont l’impact négatif pèse lourdement sur la vie des populations et du cheptel de la région. Un succès auquel le président Gouled a également contribué. A cet égard le président Diouf n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage à son « frère et président djiboutien pour la stabilité intérieure et l’unité qu’il a, avec l’appui de son peuple, su créer et consolider autour de sa personne, pour l’oasis de paix et la terre de rencontre qu’il a su faire de Djibouti, au plan international. De tels résultats n’ont rien pour nous surprendre de la part de l’homme de courage, de principe et de mesure qu’est le président Hassan Gouled Aptidon ».

 Une victoire diplomatique donc pour notre chef de l’Etat qui a vu se concrétiser le choix de sa politique fondée sur la paix et la stabilité, le respect de son prochain et de l’unité nationale, adoptée dès l’indépendance, il y a de cela neuf ans.  

La présidence de l’institution naissante a, donc, très logiquement été confiée au chef de l’Etat djiboutien pour deux ans et Djibouti retenue comme le siège de l’IGADD. Le secrétariat exécutif est revenu à l’Ethiopien Mokonen Kebret. Puis, après deux réunions, les ministres des pays membres ont nommé trois directeurs (un Somalien, un Kenyan et un Soudanais).

La République de Djibouti est, géographiquement, un micro- Etat, coincé contre deux géants. Mais avec le succès de l’IGADD, elle est devenue un Etat politiquement important et le président Gouled, l’une des grandes figures du continent.