N°  191 du Jeudi  03 Décembre 2009

Lancement de la VIIe semaine nationale de lutte contre le VIH/SIDA

Vaincre les tabous 

A Djibouti, tout au début des années 2000, l'épidémie  du VIH affichait un taux de prévalence aux alentours de 3,1%  et se présentait sous diverses formes. Selon le responsable du secrétariat exécutif, le nombre de personnes vivant avec le sida est estimé à 15 809, dont 14 734 adultes, 8 707 femmes et 1 075 enfants. La transmission du VIH est à plus de 90 % essentiellement hétérosexuelle.

On constate également une vulnérabilité plus grande des femmes aux risques de contamination du Sida. Puisque 55, 1 % des personnes infectées sont des femmes. Les tranches d'âges de 20 à 35 ans continuent de payer un lourd tribut au virus mortel. L'heure est toujours à la vigilance. Car le taux  de prévalence du VIH est de 2,1 % chez les femmes enceintes, 1,4 % chez les donneurs de sang, 13,6 % chez les patients tuberculeux. 

A l'heure où la communauté internationale célèbre la 21ème année de la lutte contre le SIDA, Djibouti - qui suit son rythme avec assurance et régularité - a commémoré cet évènement, hier dans la grande cour du nouveau bâtiment du secrétariat exécutif, sous la houlette du Premier ministre, Dileita Mohamed Dileita. Une journée qui a démarré par un témoignage émouvant d'une représentante des PVVS. La montée au créneau de cette femme séropositive démontre le souci des officiels du ministère de la Santé de sensibiliser l'opinion publique sur le calvaire qu'endurent les malades atteints du Sida.

Leur quotidien est fait, outre des pertes de poids ou de diarrhées permanentes, de souffrances morales consécutives aux reflexes de stigmatisation et discrimination que les unes et les autres continuent de subir dans le silence. L'oratrice anonyme l'a rappelé hier avec force et conviction.

En tant que présidente d'une association des femmes djiboutiennes atteinte par cette maladie, elle s'est levée pour parler en leurs noms. C'est-à-dire au nom de ces femmes malmenées par le sort du sida et qui continuent de verser des larmes dans leurs propres foyers. Au nom de ces femmes qui n'ont ni ressources financières ni assistance - quasi ignorées par leur entourage familial dans leur vie de tous les jours. Ces femmes malades qui rencontrent des difficultés financières pour éduquer leurs progénitures et dont les plus âgées  sont au chômage. Au nom de ces femmes dont on a retiré la garde de leurs enfants, elle a eu le mérite de parler vrai sans pour autant passer sous silence les efforts louables entrepris par le ministère de la Santé dans la prise en charge thérapeutique et nutritionnelle des séropositifs sans distinction d'âge ni de sexe ni de religion.

Cette femme admirable de courage a tout simplement demandé au ministre Abdallah Abdillahi Miguil et ses principaux collaborateurs d'aider davantage toutes les séropositives djiboutiennes dans un désarroi total. Elle exprimait à travers ses mots que la seule issue pour elles de mener une vie normale était de vaincre tous les tabous qui entourent la terrible maladie. Un point de vue qui est en parfaite concordance au thème choisi de cette année " l'accès universel aux soins et le respect des droits de la personne".

MAAS