N°  184 du Jeudi 19 Novembre 2009

Santé infantile et maternelle

Une stratégie novatrice 

Jeudi dernier, le petit écran consacrait une émission spéciale aux récentes tournées du ministre Abdallah Abdillahi Miguil à la tête d'une forte délégation dans les régions d'Ali-Sabieh et de Dikhil. Les téléspectateurs ont du suivre d'une oreille intéressée  les débats à chaud entre le ministre et ses interlocuteurs assajogs et okars sous les flashs et crépitement des caméras. On a pu tirer diverses leçons de leurs échanges interactifs. Que de progrès sont enregistrés dans les offres de services de la santé infantile et maternelle.

 Que les soins essentiels pour les mères et nourrissons sont disponibles dans tous les centres de santé où des matrones bien formées opèrent sous la supervision d'une sage femme et d'un infirmier major, d'Etat. Mettons toutefois du bémol aux hallalés de certains après lecture de la communication du ministre de la Santé, M. Abdallah Abdillahi Miguil faite mardi 10 novembre dernier au Conseil des ministres.

La fréquence des accouchements dans les centres de santé demeure marginale. Les responsabilités à ce propos sont partagées selon le ministre Abdallah Abdillahi Miguil. Les agents sous sa tutelle n'ont, semble t-il, pas le réflexe d'aller vers la population. Et les usagers ont l'habitude de réclamer plus sans profiter des avantages des services publics déjà existants.

Plusieurs solutions sont à l'étude au ministère de la Santé pour pallier aux contraintes évoquées.

Celles-ci ont comme points de repères une mobilisation sociale accrue, une optimisation des outils de gestion, une meilleure implication des accoucheuses traditionnelles qui bénéficieraient d'une dotation en rations alimentaires sur chaque accouchement réalisé dans les centres de santé. Il est aussi question de sensibiliser les femmes enceintes sur l'intérêt du suivi de la médecine moderne.  Comment ? Et avec quels moyens ? Le ministère de la santé a, d'ores et déjà, mis en place des mutuelles de recours aux soins dans plusieurs localités. Celles-ci ont pour vocation de supporter les frais inhérents au suivi de la grossesse. Il s'agit par ce biais d'inciter les femmes enceintes à se rendre dans le centre de santé le plus proche de leurs foyers respectifs. En tout cas, les communautés rurales, dont les membres s'acquittent des cotisations de ces mutuelles solidaires ont pu faire face aux urgences sanitaires en tous genres.

Il est clair que cette composante communautaire favorise la prise en charge intégrée des maladies et des risques et de la malnutrition infantiles, chiffres à l'appui. Plus de cinquante mille (59-894) enfants ont subi des soins médicaux durant l'année en cours contre un nombre de 5115 enfants consultés pour toute l'année 2004. On enregistre la même tendance dans les vaccinations contre les maladies infantiles comme la diphtérie, la coqueluche le tétanos, la poliomyélite et la rougeole. Ainsi, la couverture vaccinale en DTC3 et polio atteint actuellement un taux de 89% en contre 62% en 2002.

Idem, pour celle contre la rougeole qui est de l'ordre de 73% au présent Force est  également de reconnaître les variations exponentielles des effectifs d'enfants mal nourris qui ont profité d'une prise en charge. Un total de 3288 enfants de moins de cinq ans était dans ce cas en 2006. Le chiffre passe l'année suivante à 5679. Plus de dix mille (10.590) gamins au physique famélique ont reçu les traitements et apports nutritionnels adéquats en 2008.

Des diagnostics précoces ont permis cette année de remédier aux carences nutritionnelles environ 18 960 enfants en bas âge. Le tout est rendu possible grâce au dévouement d'une cinquantaine d'agents formés et outillés qui sont placés sous la responsabilité d'un pédiatre nutritionnel..

MOF