N°  184 du Jeudi 19 Novembre 2009

Djibouti / Japon

La présence nipponne 

Djibouti et le Japon entretiennent  des relations bilatérales, vieilles de plus de trois décennies. Les contacts entre leurs gouvernements respectifs sont restés de juin 1977 à décembre 1985 formels au niveau diplomatique. Un événement de l'année 1986 provoque de profonds changements dans les liens qui unissent les deux pays.

Des troubles politiques éclatent jadis au Yémen du sud où plus d'une centaine (138) de ressortissants japonais sont obligés d'emprunter le chemin de Djibouti. Ils y trouvent un accueil amical. Qu'il s'agisse des élites et des masses laborieuses du pays. L'hospitalité djiboutienne en cette circonstance délicate impressionne les dirigeants japonais de l'époque. D'où le réchauffement des relations djibouto-nipponne qui n'ont cessé depuis de se renforcer. Résultat : les années 90 marquent une concentration de l'aide du Japon dans les secteurs de l'éducation, l'eau et des infrastructures.

Ainsi, le collège Fukuzawa, du nom d'un des plus grands philosophes et intellectuels japonais de l'empire du soleil levant du 19ème siècle demeure un symbole fort de réalisations d'écoles primaires et de collèges que la coopération japonaise a financés.

D'autres et non des moindres concernent les travaux d'aménagement du port de Djibouti et les constructions des forages d'eau. Autant de chantiers illustrent le rôle de l'engagement inconditionnel du Japon aux côtés de Djibouti dans la première moitié de la décennie 90. La réciproque est vraie quand un terrible tremblement de terre frappe la ville japonaise de Kobé en 1995. Djibouti est le seul pays africain qui dispense un soutien financier au Japon qui déplore 7000 victimes aux lendemains du séisme. Le geste a non seulement touché les sinistrés de Kobé mais aussi les autorités de Tokyo.

Dix années plus tard, la diplomatie nipponne a fait sienne le choix de contacts de proximité avec la partie djiboutienne. L'ambassade du Japon d'Addis Abeba hérite donc du suivi de la coopération djibouto- japonaise.  Mieux, des considérations sécuritaires ont précipité en 2008 un resserrement des liens entre les deux pays. L'insécurité maritime a atteint l'année écoulée son paroxysme au large des côtés somaliens avec des actes de piraterie recensés. Il s'agit là d'un phénomène sans précédent qui suscite une mobilisation de la communauté internationale. Le japon a dès mars 2009 dépêche un contingent militaire.

L'expression qui émane des officiels japonais désigne bien sûr Djibouti où les forces d'auto-défense en provenance de l'Empire du Soleil levant disposent d'infrastructures portuaires et aéroportuaires modernes. Lesquelles se composent de quatre cent marins à bord de deux frégates, d'une trentaine de fantassins et des aviateurs de deux patrouilleurs P3C.  Tokyo prévoit le remplacement de deux frégates et de leurs équipages respectifs durant ce mois de novembre en cours selon des sources diplomatiques. Le détail résume assez l'état de la coopération sécuritaire entre Djibouti et le Japon.

Celle-ci a encore de beaux jours devant elle au regard de l'instabilité politique toujours de mise chez le voisin somalien. Une perspective aussi réaliste devrait aller de pair avec une amplification des interventions dans les domaines sociaux et économiques. Ce serait une confirmation de la tendance 2008 qui se caractérise par un dépassement du seul des 20 millions de dollars US sous forme de dons de l'aide japonaise. Une telle manne a profité aux projets nationaux de sécurité alimentaire, de renforcement des capacités de la presse audiovisuelle et d'acquisition d'un ferry boat. C'est tout le bénéfice de la présence nipponne à Djibouti.  

MOF