N°  182 du Mardi 17 Novembre 2009

Les chaînes câblées somaliennes

L'autre combat d'un peuple 

Il est une vérité. Une vérité que nul ne saura réfuter : depuis le début du drame somalien jusqu'à nos jours, les Djiboutiens étaient les premiers auditeurs  de l'actualité somalienne. Juste après les Somaliens. Aujourd'hui aussi, ils le sont. Liens d'amitié et de fraternité obligent. Or aujourd'hui, ils ne sont plus auditeurs. Téléspectateurs, s'il vous plait ! Eh, la nouvelle technologie est passée par là. Adieu la radio ! Adieu le règne absolu de la BBC ! Bonjour la télé ! Vive les chaînes câblées ! La vue a toujours détrôné l'ouie, la plus fidèle. Pour une révolution, c'en est bien… Une.

"Jamais je n'ai mis les pieds en Somalie. Mais comme tout Djiboutien, ce pays, je le porte au plus profond de mon cœur. Dès le début des hostilités, je me suis jeté sur la BBC, l'unique fenêtre où l'on pouvait recevoir chaque jour un flash d'info sur la situation là-bas. Depuis 1992, jusqu'à l'année dernière, la BCC était la source qui étanchait ma soif de nouvelles somaliennes. Et vint la télé ! Ca m'a coûté quatre-vingt mille francs pour  acheter une parabole digitale et son décodeur pour pouvoir regarder sur Universal TV l'évolution de l'actualité en somalie. Journal, reportages, interviews, micro-trottoir… C'est comme si j'étais à Mogadishu. Une merveille. Et ce n'est pas tout. Deux autres chaînes viennent compléter le puzzle de l'actualité somalienne : c'est les chaînes ETN de Pountland, et SL TV de la Somaliland. Et là, c'est toute l'actualité encore chaude du pays que vous consommez chaque jour depuis votre petit écran. Comme si vous étiez !"

En effet, si les Djiboutiens restent toujours très sensibles à la question somalienne, ils sont de plus en plus séduits par ces nouvelles chaînes câblées. Et pas toujours pour la même raison. Quand c'est l'information qui fait l'unanimité  chez les plus âgés, les reportages en Europe sur la diaspora ont la côte chez les jeunes. Pour les nostalgiques, c'est les documentaires retraçant l'épopée et la grandeur de la nation somalienne. Pour la gente féminine, c'est bien sûr la culture, le théâtre, la chanson…  Et pour l'Histoire, c'est le combat d'un peuple qui refuse d'abdiquer.

Nassib