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N° 14 du Mardi 27 Janvier 2009 |
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CECAFA Le magicien et la flèche L'un est le technicien de sa génération. L'autre est le meilleur buteur de tous les temps. Meneur de jeu de la formation assajog et de l'équipe nationale à 25 ans, Moustapha Ibrahim, alias Pompidou, est, aux dires de tout le monde, une valeur sûre du football djiboutien. Dans le club comme dans la sélection nationale, quand il retrouve le héros de Jinja, un certain Daher Ahmed Hassan, unique buteur face au Soudan et au Kenya lors de la dernière édition de la Coupe des pays de l'Afrique de l'Est et du Centre, en Ouganda, c'est tout simplement l'arme fatale du football djiboutien qui entre en action. Portraits croisés.
Dès le premier match de l'équipe de Gachamaleh, un joueur de courte taille à la silhouette longiligne mais aux techniques déjà en avance sur sa génération attire l'admiration de tous les spectateurs. Son nom : Moustapha Ibrahim, ''Pompidou''. Dribblings. Passements de jambes. Passes aveugles. Match après match, le petit numéro 10 de Gachamaleh fait un véritable festival et étale toute sa classe. Pompidou parvient à hisser son équipe jusqu'en finale. Et à l'unanimité, décroche le titre de ''Meilleur Joueur'' du tournoi. Là, sans le réaliser sûrement, la FDF avait ''déniché'' le maître à jouer des Requins pour la prochaine décennie.. En tout cas, c'est la naissance d'une légende. Le début d'une belle carrière. Avec la même équipe, le jeune Moustapha Ibrahim découvre la D3 pour la première fois durant la saison 1999-2000. Confirmation de la précédente prestation : Pompidou est plébiscité, sacré “Meilleur joueur” de la D3. La même année, il est sélectionné pour conduire l'équipe nationale cadets, les moins de 17ans, en Finlande où les Requins iront jusqu'en quart de final et seront éliminés par tir au but. ''En Afrique ou en Europe, peu importe, la première sélection est toujours la plus belle pour un joueur. Sa réussite demeure une force intérieure impressionnante pour le reste de votre carrière. C'est un repère solide et une profonde assurance. L'on se souvient tous de la première sélection de Zidane face aux Tchèques, deux buts, et on connaît la suite…'' Pour Pompidou, ''la suite'', ne cesse de se confirmer saison après saison. Entre sa passion et ses études, Moustapha sait faire la part des choses. Ainsi, en 2003-2004, il fera saison blanche et range ses crampons pour bien préparer son bac. Idem pour 2005-2006, où il décide de ''se mettre en quarantaine'' afin de décrocher son BTS. Mais quand il s'agit de défendre les couleurs nationales, Pompidou sait faire également faire des sacrifices. C'est ainsi que la CECAFA découvre l'étendue de son talent lors de sa première sélection chez l'équipe nationale A, où il est titulaire face à Zanzibar. Chef d'orchestre de la victoire historique sur la Somalie , en septembre 2007, qui avait permis aux Requins de signer leur première participation à une phase préliminaire de Coupe du Monde de football, cette année aussi, c'est toujours lui qui sera à l'origine du but égalisateur devant le Soudan, double tenant du titre. Quand son entraîneur M. Ahmed Kocheri parle de lui, c'est avec une certaine fierté : ''Moustapha est un joueur hors pair. Dans le football, il y a des techniques qui s'acquièrent au fil des temps. Balle au pied, ce garçon est un génie. Sur le terrain, sa lecture de jeu et sa finesse font la différence devant n'importe quel adversaire. Croyez-moi, c'est un joueur d'avenir, dont j'estime beaucoup les qualités tant techniques qu'humaines.'' Pour le capitaine des Requins, comme la plupart des autres joueurs, quand Pompidou est sur le terrain, ''c'est une assurance pour tous ".
Habile et toujours serein devant le gardien, Daher est devenu la flèche des Requins. Issu du centre de formation de " Kalil ", de "Barwago ", Daher a su développer son sens du jeu au fil des saisons. " J'ai eu la chance de tomber sur de très bons entraîneurs ", aime t-il souvent à répéter. Deux fois champion et vainqueur d'une Coupe de Djibouti avec le CDE, le jeune Daher est avant tout un travailleur fougueux. " Mon rêve, c'est de devenir le premier footballeur djiboutien évoluant dans un championnat européen ", dit-il. Pour cela, il a le soutien de son père, M. Ahmed Hassan. Un père extraordinaire qui, même quand son fils se blesse gravement sous les couleurs de la CDE, prend en charge ses frais d'hospitalisation en Egypte. ''Mon père est mon premier soutien, mon premier supporteur, ma première force. C'est à lui que je dois ma place aujourd'hui au sein des Requins.'' Daher n'a joué cette saison qu'un seul match avec son nouveau club, l'Association Sportive d'Ali-Sabieh. Un match, un but. Suspendu pour mauvais geste, le jeune prodige regarde depuis le banc de touche ses coéquipiers dominer la première partie de la saison footballistique 2008-2009 et s'emparer de la première place de la D 1. " Je regrette sincèrement de mon geste à l'encontre de l'entraîneur, mais le terrain me manque ". Humble et honnête, l'enfant prodige de Barwago est attendu aujourd'hui par tout un District pour offrir enfin aux Assajogs leur premier titre de champion. ''Nous pouvons remporter cette saison le championnat, nous avons l'effectif qu'il faut’’, a affirmé récemment Gaboni, l'entraîneur de Beira d'Ali-Sabieh. A la tête de cet effectif, il y a deux hommes. Un magicien et une flèche. Nassib |