![]() |
|
Édition N° 180 du Lundi 15 Décembre 2008 |
|
Hydrogéologie Des eaux et des roches Le chef de l'Etat, M. Ismail Omar Guelleh, a ouvert hier au palais du peuple, les travaux d'un symposium international sur l'hydrogéologie des roches volcaniques en présence d'une soixantaine de géologues et d'éminents chercheurs venus du monde entier. Ce symposium international organisé par le CERD, le centre d'étude et de recherche de Djibouti, en partenariat avec un certain nombre d'organisations internationales, se poursuivra jusqu'au 17 et portera sur des thèmes tels que l'hydrogéologie des roches volcaniques, la prospection des aquifères volcaniques, la recharge des eaux souterraines, etc. Les membres du Gouvernement, de l'Assemblée nationale, du corps diplomatique et consulaire et l'ensemble des autorités civiles, militaires et religieuses du pays ont participé à la cérémonie d'ouverture de ce symposium.
La cérémonie d'ouverture des travaux de ce symposium a été présidée par le Président Ismaïl Omar Guelleh qui, depuis qu'il est aux affaires, mobilise les énergies et les ressources dans la lutte contre la soif qui constitue pour lui la priorité des priorités. Le Président Guelleh a d'emblée attiré l'attention des scientifiques présents sur le fait qu'en République de Djibouti, l'essentiel des besoins en eau de la population est couvert par l'exploitation des eaux souterraines. " Les conditions d'aridité ont imposé une alimentation en eau potable essentiellement basée sur les eaux souterraines des aquifères volcaniques et sédimentaires, représentant au moins 95% de nos besoins. Etant donné l'urbanisation croissante, le développement des aires irriguées depuis l'indépendance en 1977 ainsi que les besoins du monde rural, la production des eaux souterraines atteint aujourd'hui près de 30 millions de mètres cubes annuels. Elles proviennent d'une douzaine de systèmes aquifères, dont sept en roche volcanique, couvrant plus de la moitié de la production en eau. Les pompages intensifs au niveau de certains systèmes aquifères ont conduit à toutes les conséquences négatives de la surexploitation des eaux souterraines ", a noté le chef de l'Etat qui a ajouté que face à l'évolution démographique et aux besoins nouveaux liés aux activités de développement économique, l'alimentation en eau potable à l'horizon 2015 s'annonçait comme un réel défi à surmonter, avec des besoins en eau devant au moins doubler. " Devant une telle situation, nous avons cherché à développer une stratégie nécessairement orientée vers une approche intégrée des ressources en eau. Tout en souhaitant la diversification des sources d'alimentation en eau par la mise en valeur des eaux de surface par exemple, l'accent été mis sur la gestion et la protection des eaux souterraines. A cet égard, nous avons très clairement affiché notre détermination et n'avons ménagé aucun effort en formant des scientifiques mais aussi en dotant nos laboratoires d'outils analyses et de prospections appropriés ", a indiqué le chef de l'Etat djiboutien qui a souhaité que les travaux de ce symposium soient couronnés de succès car, a-t-il dit, l'eau constitue l'une des préoccupations majeures de ce siècle. Notons qu'outre le CERD, l'IGAD, l'UNESCO, la Coopération française et l'Association Internationale pour la Science de l'Hydrogéologie (AISH) ont participé à l'organisation de ce symposium dont les résultats devraient permettre à la communauté scientifique de fournir des informations précieuses aux politiques afin de contribuer ainsi à la lutte contre la soif. De son côté, le Professeur Ghislain de Marsily, de l'Université française de Paris IV, a attiré l'attention du public sur la corrélation entre la problématique de l'eau et le changement climatique. Selon les estimations de l'ONU, a-t-il dit, d'ici à l'horizon 2050, la population de la planète sera de l'ordre de 9 milliards d'êtres humains dont 2 milliards d'Africains. " Il deviendra donc de plus en plus difficile pour les pays d'assurer l'alimentation en eau et en nourritures de leurs populations ", a estimé le scientifique français. Deux comités ont été créés ; un comité scientifique présidé par Ghislain de Marsily, et un comité d'organisation dirigé par Mohamed Jalludin, directeur du CERD. Au cours des trois jours que devraient durer les travaux, le Professeur Marsily et d'autres scientifiques feront des exposés sur les différents thèmes à l'ordre du jour. Les participants feront aussi une visite de travail, notamment au lac Assal, ce site géologique exceptionnel et à Attar où est expérimenté le projet régional MAWARI. |