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Entretien

"Une banque citoyenne" 

Dans une interview qu'il nous a accordée samedi dernier, le PDG de la Banque Indosuez Mer rouge Luc Beiso évoque les objectifs ambitieux, les défis ainsi que les perspectives d'avenir de la BIMR. "Il ne faut plus être considérée comme une "banque vieillissante". Nous devons conquérir un statut de banque innovante, moderne, à la pointe du développement. Une banque, dit-il, "tournée résolument vers l'avenir". Interview. 

Quel est votre sentiment au moment où votre banque, la BIMR, célèbre ses cent ans ?
Atteindre 100 ans d'existence, c'est déjà un grand succès que le premier directeur de la banque aurait sûrement apprécié et souhaité fêter, mais malheureusement la durée de vie humaine est quelquefois plus courte que celle d'une entreprise, certaines sociétés mondialement connues ont déjà 200, voire 300 ans d'existence....personne ne connaît la durée de vie maximale d'une entreprise...

Ce succès n'est pas l'oeuvre d'une seule personne mais de générations d'employés, de directeurs....en ce qui me concerne je considérerai avoir accompli mon devoir que lorsque je passerai les rennes à mon successeur avec le sentiment d'avoir oeuvré moi aussi à la pérennisation de cette Institution, d'avoir positionné la banque comme un acteur majeur au service du développement du pays mais également d'avoir donné à cette banque les moyens de rester une référence dans les années à venir.

En effet, des objectifs, nous en avons toujours, car nous sommes une banque commerciale qui évolue en fonction de la modification des paramètres de son environnement, de son marché, de son secteur d'activité. Nous devons sans cesse nous remettre en question, nous améliorer, aller de l'avant.  

Monsieur le PDG, depuis votre nomination à la tête de cet établissement, on a l'impression que la banque s'est rapproché beaucoup plus de ses usagers et rétabli un climat de confiance mutuel, est-ce vrai ?
Il m'est difficile de répondre à la place de nos chers clients. Il est cependant vrai que nous oeuvrons sans relâche pour développer une politique de proximité au service de notre clientèle. Nous allons continuer, et accélérer le mouvement dans ce sens. Par ailleurs, nous menons en parallèle des actions dans le cadre du développement durable, car la BIMR doit également se sentir "citoyenne".

Nous avons une politique beaucoup plus affirmée en matière de communication externe, notamment pour démystifier le rapport entre une institution bancaire et la population djiboutienne, mais également en matière de communication interne, car je considère que lorsque l'on se donne des objectifs ambitieux comme les nôtres, il faut que l'ensemble des employés de la banque se considère comme faisant partie d'une équipe, d'une équipe gagnante. Il faut non seulement instituer un climat de confiance mutuelle, mais de la cohésion, de la motivation et de l'ambition à tous les niveaux. Chacun doit être convaincu de la pertinence des choix, chacun, à son niveau, doit oeuvrer pour l'atteinte des objectifs, et chacun doit se sentir fier des accomplissements obtenus en commun.

Vous avez lancé de nombreuses initiatives permettant aux Djiboutiens de bénéficier de multiples crédits et services de la banque et surtout apporté un appui conséquent à la jeune université. Y a-t-il  un volet social dans votre politique ?
C'est à la fois par conviction personnelle, mais également parce que c'est dans les propres gènes du Crédit Agricole, qui développe de par le monde des actions de Développement Durable et Social.

Lorsque l'on est installé dans un pays depuis 100 ans, que l'on a vu naître ce pays, on ne peut qu'être sensible à l'accompagner dans son développement et l'aider au mieux dans la couverture de ses besoins. La formation des jeunes, notamment dans le domaine bancaire, qui est notre expertise, nous est apparu un volet nécessitant un soutien de notre part.

Cent ans ensemble et l'avenir devant nous, un slogan qui illustre bien le passé et l'avenir de la banque, alors quels sont les défis de demain ?
Je dirai que nos défis sont de trois ordres: réussir à casser notre image réductrice de "banque d'affaires" pour être dorénavant qualifiée de banque "Universelle", une banque "de proximité"; être définitivement reconnue comme une banque de grands professionnels dispensant un service de qualité; ne plus être considérée comme une banque vieillissante et conquérir un statut de banque innovante, moderne, à la pointe du développement, une banque tournée résolument vers l'avenir.

Dans certaines banques, les entrepreneurs et les jeunes Djiboutiens  ont difficilement accès au crédit même quand leurs projets sont valables. Qu'en est -il chez vous et qu'avez-vous prévus pour soutenir ce genre d'initiative ?
Nous sommes bien évidemment à l'écoute des créateurs d'entreprises qui présentent de bons projets viables, nous souhaitons également accompagner les projets de développement pertinents de petites et moyennes entreprises.

Si nous ne le faisions pas, nous hypothéquerions notre avenir....
En effet, les petites entreprises d'aujourd'hui sont souvent les grandes entreprises de demain. Enfin, nous avons des idées pour améliorer l'accompagnement des créateurs d'entreprises et pour susciter un véritable esprit d'entreprenariat chez les jeunes. Nous les mettrons en oeuvre progressivement, rendez-vous dans les prochains mois....  

La BIMR a certes cent ans mais elle est restée djiboutoise. Or votre voisin d'en face a des agences notamment à Ali-Sabieh et Tadjourah. Vous estimez que des agences dans ces régions ne seraient pas rentables ?
Vous savez, la création d'une nouvelle agence c'est un investissement lourd et c'est beaucoup de temps consacré à son installation.

De plus, notre souhait est d'offrir à la population des agences bancaires à la pointe de la technologie en matière de nouveaux produits et services.

Or, nous considérons aujourd'hui que notre dispositif sur Djibouti ville et sa proche banlieue n'est pas assez étendu. Nous consacrons nos efforts aujourd'hui sur ce périmètre, mais pourquoi ne pas imaginer que nous nous installions dans d'autres villes dans les années futures....

Propos recueillis par Abdourazak