Journal La Nation - Quotidien Djiboutien


Lutte contre le Sida
Une synergie dans l’action

Une réunion de plaidoyer sur le Sida s’est tenue hier dans les murs du palace Kempinski. Organisée conjointement par le Ministère de la Santé et l’ONU SIDA, cette importante rencontre a été une occasion propice pour le Premier ministre, M Dileita Mohamed Dileita, le ministre de la Santé, M. Ali Yacoub Mahamoud, de mobiliser tous les acteurs et partenaires de la santé. .. ..Lire la suite

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Fruits et légumes de Djibouti
C’est la belle saison…

C’est la belle saison. Par ce climat doux et frais, le temps est à la récolte dans nos régions agricoles de l’intérieur du pays. Les cultures de fruits et de légumes en gestation de longs mois durant sont mûres désormais. À Douda, Damerjog, Antar ou Holl-Holl, à quelques encablures de la capitale, ou à des heures de routes, dans les régions nord du pays, les petits agriculteurs sont sur leur petit nuage. Ils font cueillette d’une moisson riche et variée qui vient submerger les différents marchés de la capitale. Dans leurs étals, des mangues et du melon, des oignons et des tomates, des salades ou du Choux blanc, des pommes de terre, du concombre, de l’ail et bien d’autres ingrédients de cuisine. Une aubaine tant pour le client qui y trouve une large gamme de fruits et légumes frais, que pour ces agricultrices qui arrivent à écouler leurs produits …

Nous sommes sur le carrefour de la place Harbi. Là où le ‘Adaï’ (brosse à dents traditionnelle) est roi d’habitude.

De jour comme de nuit, on retrouve invariablement ces vendeurs de brosse à dents traditionnelle qui font commerce au milieu d’une circulation qui ne désemplit jamais.

Mais ces temps ci, sous les regards incrédules des passant, des étales fruits et légumes frais venus droit des champs Holl Holl, Antar, Douda et Damerjog leur tiennent la draguée haute.

Un partage que les locataires habituelles n’apprécient guère, mais dont ils s’accommodent tant bien que mal. Le spectacle est rare depuis que le vieux marché a été déplacé vers le site dit Ryad.

C’est donc en quelques sortes, le grand retour pour ces marchandises vers leur place mythique. Depuis, quelques semaines maintenant, des bonnes femmes, toutes en guenilles, hèlent les passants et les automobilistes. Elles crient à perdre la voix : « Bartikh, Baamiyeh, Biningaal, Baradhe… ».

Elles énumèrent tout l’éventail des fruits et légumes qu’elles sont venues proposer. Les uns et les autres reconnaissent ces produits issus des cultures maraîchères et saisonnières de notre arrière pays.

On les distingue à leurs couleurs vives et la fraîcheur à fleur de peau qui les caractérise. Cultivés et entretenu durant toute la saison chaude, les champs commencent à donner leurs fruits finalement.

Un dur labeur que la nature gâte souvent par ses nombreux caprices. Faible pluviométrie, sécheresses, raréfaction des adductions et des sources d’eau proches pour les irrigations et puis surtout fertilité et fertilisants de plus en plus rares sur ces terres.

Depuis trente ans et plus, les autorités portent à bout de bras par des projets ambitieux d’agro pastoralisme ces petits agriculteurs courageux qui osent se retrousser les manches en travaillant une terre parfois ingrate.

Les exploitations de plus en plus érodées par les temps difficiles que connaît notre pays. Cependant, on reconnaît une certaine qualité à ces productions agricoles du terroir. Nos fruits et nos légumes, méritent bien leur label bon gré et malgré tout. Madame Madina Omar, quinqua encore robuste, est exploitante sur la région d’Attar.

Elle a hérité son domaine de son père très jeune et depuis, elle ne fait que travailler ses terres. Dont elle tente, nolens volens, de tirer (difficilement) subsistance.

« Lorsque je viens ici, écouler moi-même mes fruits et légumes, je suis gai. Mais voyez vous, les affaires sont ainsi faites, que nous ne pouvons connaître nos marges tellement imprévisibles.

Au jour le jour, on peut gagner jusqu’à 2000 Fdj au mieux, ou quelques pièces au pire. C’est un vrai dilemme pour nous. » Chez elle, elle s’appuie sur l’aide de son entourage pour l’aider à travailler dans ses champs.

Elle se souvient avoir bénéficié, il y’a longtemps, d’un don généreux d’une ONG qui a offert des motopompes et des tuyaux en PVC pour les irrigations.

Mohamed A Saleh